Deux fois moins cher à récolter et stocker que le maïs grain humide, l'ensilage de "maïs épi" ou "maïs rafle" est un aliment de choix pour concentrer les rations en énergie. Les usages et recommandations avec Mickaël Sergent, nutritionniste au Clasel, le conseil élevage de la Mayenne et la Sarthe.
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Cliquez pour voir l'interview de Mickaël Sergent du Clasel sur le maïs épi.
L' ensilage de maïs épi est une technique qui trouve de plus en plus d’adeptes chez les éleveurs de vaches laitières qui souhaitent concentrer l’énergie du maïs afin d’introduire davantage de légumineuses dans la ration, ainsi que chez les engraisseurs de jeunes bovins qui voient dans cet ensilage un concentré performant, sécurisé, et parmi les plus économiques.
17 à 20 €/t brut
L’ensilage de maïs épi avec la rafle et les spathes se récolte à l’ensileuse équipée d’un bec cueilleur à maïs grain. « Cela demande tout de même quelques modifications et un peu de temps de préparation, avertit Mickaël Sergent du Clasel. Il faut retirer le bec rotatif et installer une interface spécifique entre le cueilleur à maïs et le rotor hacheur. Ainsi qu’ajouter un fond strié sous le rotor hacheur. » L’éclateur doit être serré au maximum (1 mm) afin de pulvériser chaque grain.
Contrairement à la conservation du maïs grain sous forme humide, l’ensilage de maïs épis ne requiert qu’un seul chantier et la conservation se fait sous bâche en silo tunnel classique, au front d’attaque pas trop large. « Pour un débit d’environ 2,5 ha à l’heure, le coût de l’ensilage de maïs épis est de l’ordre de 17 à 20 €/t brut, transports et bâche compris, estime Mickaël Sergent. C’est deux fois moins cher que pour un maïs grain humide auquel il faut compter environ 13 €/t pour la moissonneuse-batteuse, plus 25 à 27 €/t brut pour le broyage et la mise en boudin. »
10 -12 jours après le chantier de maïs plante entière
Mises à part les modifications sur la machine, le chantier est identique à celui d’un maïs fourrage plante entière. Le taux de matière sèche d’un ensilage de maïs épis doit se situer autour de 53 à 55 % afin d’assurer un bon tassement et une bonne conservation. Soit un taux d’humidité du grain entre 36 et 37 %. « C’est un tout petit plus tôt que pour du maïs grain humide qui se récolte entre 34 et 35 % d’humidité. Pour avoir un ordre d’idée, un chantier de rafle se fait généralement 10 à 12 jours après la date optimale d’un chantier d’ensilage de maïs plante entière », observe Mikaël Sergent.
Le rendement en rafle équivaut à environ 65 % de celui en maïs fourrage classique. Autour de 8 tMS/ha pour une parcelle avec un potentielle de 12 tMS/ha en maïs fourrage.
De l’amidon sécurisé

A volonté pour les jeunes bovins
« Dans une ration classique pour vaches laitières, on peut tout à fait distribuer 4-5 kg brut/VL, conseille Mickaël Sergent. Et il est possible de monter à 10-12 kg brut / VL dans des rations à base de foin ou de fourrage déficitaires en énergie comme l’ensilage de luzerne. »
Le maïs rafle convient très bien pour les rations d’engraissement également. La station Arvalis-Intitut du végétal de Saint-Hilaire-en-Woëvre l’a testé avec succès sur des taurillons charolais. La ration simplement composée de 12,7 kg brut de maïs épis et 2,6 kg de tourteaux de colza (+ Cmv et paille à volonté) a permis un GMQ de 1.894 g/j sur le période d’engraissement de 400 à 740 kg.

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