Début mai, après plusieurs semaines sans une goutte d’eau dans de nombreux départements, le retour de la pluie a constitué un immense soulagement pour les agriculteurs confrontés à des sécheresses récurrentes. Engagés dans l’évolution de leurs systèmes de production (plantes plus résistantes à la sécheresse, extensification des chargements animaux…), et dans le développement de nouvelles technologies d’irrigation moins consommatrices d’eau, les professionnels essaient de s’adapter au mieux à un changement climatique qui s’accélère. Une partie d’entre eux croient au stockage de l’eau excédentaire l’hiver pour la réutiliser aux périodes les plus chaudes et pratiquer une irrigation d’appoint, indispensable pour assurer un minimum d’autonomie fourragère des troupeaux. Pour l’instant, de nombreux projets se heurtent à une réglementation complexe, et aux oppositions de certains environnementalistes qui estiment que les bassines d’eau ne respectent pas le cycle de l’eau et ne font que renforcer l’agriculture « industrielle ». En face, les agriculteurs rappellent que « même pour faire du bio, il faudra de l’eau ». Sortir d’un débat trop longtemps tronqué par les postures administratives et politiques devient essentiel.
C’est ce que reconnaît aujourd’hui le ministre de l’agriculture qui annonce d’ici l’été un « Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique ». Les démarches collectives, soutenues par les élus et les acteurs du territoire, auront demain plus de chance d’aboutir. Ce sont des dispositifs longs et lourds pour lesquels il ne faut pas perdre de temps… Au-delà de sa disponibilité, il faudra aussi s’interroger sur le coût de cette ressource : bien précieux, l’eau sera en effet de plus en plus chère. Dans son édition du 15 octobre dernier, le journal Les Échos annonçait que la Bourse de Chicago et le Nasdaq lançaient des contrats à terme sur l’eau de Californie, pour couvrir les risques de volatilité des prix.
Un dossier réalisé par Anne Bréhier
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