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Coûts de production« Même à l’installation, il faut accepter d’échelonner ses investissements pour ne pas plomber ses coûts de production »

 Pour maintenir leurs coûts de production à un niveau leur permettant une rémunération correcte, Maxime Bignon, éleveur à Derval (44), et son associé ont étalé leurs investissements sur une dizaine d’années. (©Cécile Julien)
Pour maintenir leurs coûts de production à un niveau leur permettant une rémunération correcte, Maxime Bignon, éleveur à Derval (44), et son associé ont étalé leurs investissements sur une dizaine d’années. (©Cécile Julien)

Maxime Bignon et son associé, Jean-Philippe Maignan, éleveurs en Loire-Atlantique, ont des coûts de production inférieurs à la moyenne régionale. Ils obtiennent ces bons résultats en optimisant leur parcellaire groupé pour maximiser le pâturage et en acceptant d’échelonner leurs investissements.

Maxime Bignon est producteur de lait, en Gaec avec Jean Philippe Maignan à Derval (44). Les deux jeunes éleveurs se sont fixé l’objectif de se dégager 2 Smic par UTH pour une production de 837 000 litres sur 89 ha de SAU (60 ha de prairies, 22 ha de maïs et 8 ha de céréales).

Ils y arrivent grâce à une bonne maitrise de leur coût de production qui est de 364€/1 000 litres, contre une moyenne régionale à 460€.

« L’élevage de Maxime et Jean-Philippe est en dessous des moyennes régionales pour tous les postes de charge, analyse Jean-Claude Huchon, de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire. Leur coût du système d’alimentation est à 155€/1 000 litres, contre 197€ en moyenne régionale. Le coût du travail de 93€/1 000 litres, alors que la moyenne régionale est à 140€ ».

Pour contenir leur coût alimentaire, les deux jeunes éleveurs ont la chance d’avoir un parcellaire groupé et au bon potentiel fourrager. « Avoir 60 ha accessible pour notre centaine de vaches est un point fort, reconnait Maxime Bignon, qui s’est installé hors cadre familial. C’était d’ailleurs un de mes critères dans ma recherche d’exploitation ».

Les deux éleveurs limitent les stocks en travaillant à l’optimisation du pâturage. « On arrive à valoriser 10 à 11 tonnes d’herbe/ha », souligne Maxime Bignon. Toujours dans cette optique de contenir les charges, les achats de tourteaux de colza, d’engrais sont contractualisés. Côté mécanisation, les charges sont aussi maitrisées.

En Cuma intégrale, les deux éleveurs ont très peu de matériel en propriété. « Tous les travaux nécessitant de la puissance sont faits par la Cuma, justifie Maxime Bignon. Avec des vaches à 8 500 litres, nous avons une ration simple. Donc pas besoin d’un bol mélangeur, une distributrice simple suffit ».

Une vision à long terme

Depuis leur installation en 2011 et 2017, Maxime et Jean-Philippe se sont astreints à un suivi économique régulier. Ça leur permet de faire le point sur les capacités financières de l’exploitation. « Tous les ans, on calcule notre coût de production, explique Maxime Bignon. Tout en se gardant une marge de sécurité et avec l’objectif des 2 Smic par UTH, ça nous donne des repères chiffrés de nos possibilités d’investissement ».

Des investissements que les deux jeunes éleveurs ont choisi d’échelonner pour ne pas plomber leur coût de production.

Pour accueillir leur troupeau, les deux éleveurs ont bâti une nouvelle stabulation en 2016. « Nous n’avons pas lésiné pour le confort des animaux avec des logettes sur tapis, mais on a minimisé les murs en béton, pas mis de bardage partout ». Le bloc traite, qui était encore fonctionnel, a été conservé dans l’ancienne stabulation, où logent désormais les génisses. Il a juste été agrandi.

Matin et soir, les vaches parcourent dont les 300 mètres qui séparent les deux bâtiments. « Certes, ce n’est pas l’idéal mais ça reste faisable et ça a permis d’alléger la facture, apprécie Maxime Bignon. Notre emprunt pour le bâtiment s’arrête en 2023. Peut-être qu’à ce moment là, on pensera à un nouveau bloc traite ».

Face à cette stratégie, Jean-Claude Huchon souligne « la cohérence économique globale avec une maitrise des charges opérationnelles, une bonne productivité du travail et des investissements échelonnés ».

Ce qui permet aux deux jeunes éleveurs de voir sereinement le développement de leur exploitation. « Pour l’avenir, on ne s’interdit rien, mettre un robot, passer en bio. Du moment qu’on garde l’équilibre entre les charges, notre revenu et le temps de travail », apprécie Maxime Bignon.

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