L’action de groupe est l’outil juridique auquel le syndicat porte une attention particulière. Ses représentants se sont en effet démenés pour qu’elle soit inscrite dans la loi d’avenir de l’agriculture votée l’an passé. Elle permet à des éleveurs de se regrouper pour intenter une action collective contre un industriel. Sinon, livrés à eux-mêmes, ils n’auraient pas chacun les moyens d’intenter une procédure judiciaire.
Dans l’ouest de la France, l’action de groupe lancée par l’Organisation de producteurs (OP) de Normandie Centre contre le groupe Lactalis est un cas d’école qui fera probablement jurisprudence. Ses 500 membres dénoncent par voie judiciaire l’opacité avec laquelle le prix du lait été déterminé ces derniers mois en dépit des contrats signés. Ils estiment en effet être victimes d’un préjudice de 8.000 € par ferme car le groupe laitier n’a pas payé le lait livré au prix conclu.
Ne pas laisser les éleveurs livrés à eux-mêmes
Résultat, ces producteurs n’ont pas profité de la bonne conjoncture de ces derniers mois. Les prix payés par Lactalis en 2014 ont seulement été supérieurs de 24,8 €/1.000 à ceux de 2013 (en glissement annuel) contre près de 27 €/1.000 l pour le groupe Triballat, pris en référence en Normandie.
En avril prochain, la fin des quotas laitiers livrera définitivement les producteurs aux marchés des produits laitiers. Les contrats sont par conséquent la pièce maîtresse de la relation entre éleveurs et collecteurs pour livrer une quantité de lait définie à un prix déterminé selon une grille bien précise. Et c’est en respectant ces contrats qu’il sera possible de créer une relation de confiance entre producteurs et collecteurs.
Mais les industriels français se sont attachés à ne pas répercuter, sur les prix du lait payés, les cours mondiaux élevés des produits laitiers. Résultat, les producteurs de lait estiment ne pas être armés financièrement pour supporter leur baisse attendue tout au long des prochains mois. Comparés aux éleveurs européens, les Français sont même les grands perdants. Ils n’ont pas la capacité financière de leurs voisins pour préserver leurs parts de marché en produisant plus de lait à moindre coût, et même à perte, afin de diluer leurs charges de structure comme le font les Allemands ou les Néerlandais.
Avec la hausse des prix de la viande, les distributeurs boudent le label rouge
La production de viande bovine va diminuer en 2026… mais moins vite
Un prix du lait à 560 €/1000 kg en 2035 d’après les projections de Bruxelles
3 000 € de crédit d’impôt pour les Cuma, une « concurrence déloyale » pour les ETA
Dermatose bovine : comment sont traitées les vaches euthanasiées en équarrissage
Quelles sont les nouveautés fiscales et sociales pour l’agriculture en 2026 ?
Crise agricole : Sébastien Lecornu annonce une loi d’urgence
Vote du traité UE-Mercosur : « pas la fin de l'histoire », dit Genevard
Annie Genevard annonce 300 M€ supplémentaires face à la crise agricole
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs