Un EBE de 122 M€ et un résultat de 24 M€ pour 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, l’efficience de Sodiaal reste notoirement insuffisante… « On attend beaucoup de nous. Et nous œuvrons pour cela, explique Damien Lacombe, son président. Mais voyez aussi le chemin déjà accompli. » On l’oublie un peu vite, mais Sodiaal, qui revient de loin, est toujours en phase de consolidation…
Il y a six ans, le groupe ne pesait que 2,2 milliards d’euros, très dépendants du lait UHT. Avec la reprise d’Entremont, il a commencé à rééquilibrer son mix-produit, et a mis la main sur une zone de collecte efficiente dans le Grand Ouest. Mais il a hérité aussi d’un outil industriel vieillissant et de 600 millions de litres de lait d’excédent.
Bientôt le bout du tunnel pour les laits d’excédent
Depuis la reprise d’Entremont en 2009, ce sont 100 M€ que Sodiaal investit chaque année. « Dans les premières années, 70 % étaient consacrés à la mise en conformité d’outils existants. Cette part est retombée à 45 %, avec 55 % d’investissements plus productifs dans de nouveaux outils », lâche-t-il…
Autre signe que le groupe pourrait aller mieux demain, Sodiaal commencerait à voir le bout du tunnel pour ses laits d’excédent, dits « volumes d’ajustement ». Traduisez : mal valorisés en lait Spot ou poudre basique. Avec un milliard de litres sur cinq collectés, c’est un véritable boulet qu’il traîne. L’usine chinoise Synutra en a absorbé 300 Ml. Le développement du lait bio devrait, d’ici à 2021, en engloutir 250 Ml supplémentaires, en passant de 100 à 350 Ml collectés. Il y a aussi le démarrage d’une usine de lait infantile liquide à Saint-Étienne qui, dès 2018, utiliserait 60 Ml. Et encore des projets top secret dans les fromages (a priori pas dans les ingrédients). L’objectif est de redescendre à 400 Ml d’excédent, seuil tolérable pour cinq milliards collectés.
Cap sur la valeur après avoir grossi ces dernières années
Au-delà, pour doper son efficience économique, Sodiaal se donne comme ambition de faire passer la part de son chiffre d’affaires au grand export de 10 à 20 % en 2025, en allant chercher des marchés plus rémunérateurs. Cap sur la valeur donc, après avoir grossi. « Des moyens importants seront mis sur l’innovation et l’international », explique Damien Lacombe. Le défi de la nouvelle direction sera d’aller chercher ces moyens en réorganisant ce qui doit l’être encore. Ce n’est qu’à ce prix que Sodiaal sera à même de donner plus à ses sociétaires, sous forme de prix du lait et de ristournes. Et ainsi, indirectement, de relever le prix des « Lactalis » calé depuis des années, on le sait, sur lui.
Jean-Michel Vocoret
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