Jeudi matin, le chef de l'État avait reçu à l'Élysée 700 jeunes agriculteurs. Une « basse manœuvre », selon la présidente du parti d'extrême droite, qui a dénoncé dans un communiqué « les promesses vagues » du président faites aux agriculteurs, « alors que la crise agricole n'en finit pas de détruire exploitations, familles et filières, et qu'aucune amélioration durable ne semble se profiler ». « Il faudra par contre retenir de ce rendez-vous que le président, qui était déjà favorable au Ceta (accord de libre échange entre l'Union européenne et le Canada, ndlr), acte la mort de la filière française de viande bovine en apportant son soutien à la poursuite des négociations de l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur » (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay), estime Marine Le Pen. Devant les jeunes agriculteurs, le président de la République avait indiqué qu'« en décembre, on aurait pu conclure un accord (avec le Mercosur), mais comme la France avait mis des lignes rouges, la Commission ne l'a pas signé ».
Alors que les négociations pour un accord ont repris à Asunción, les éleveurs français craignent la concurrence générée par l'importation chaque année en Europe de 70 000 tonnes de viande bovine sud-américaine, sans droits de douanes, voire une quantité plus importante et accusent par ailleurs les producteurs latino-américains d'élever du bœuf aux hormones, sans que cela soit traçable.
Pour la dirigeante frontiste, Emmanuel Macron fait « peu de cas de la santé des Français dont les assiettes seront bientôt exposées aux aléas sanitaires d'agences de certification brésiliennes notoirement corrompues qui n'ont pas hésité à autoriser les années passées l'exportation vers l'UE de milliers de tonnes de viande avariée ». Le chef de l'État avait au contraire tenté de rassurer, jeudi matin, en assurant « qu'il n'y aura(it) jamais de bœuf aux hormones en France », même si des accords internationaux comme celui avec le Mercosur étaient signés. « Il n'y aura aucune réduction de nos standards de qualité, sociaux, environnementaux, ou sanitaires à travers cette négociation », avait-il ajouté.
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