Depuis le mois d’août, la cote du soja enregistre une flambée spectaculaire. Le 18 décembre, à Chicago, elle a même atteint son plus haut niveau en six ans. C’est la conjonction de plusieurs facteurs : d’abord, la boulimie d’achat de soja par la Chine, qui reconstitue son cheptel porcin et ses stocks. Mais aussi, conséquence du confinement, le recul de la demande en huile et biocarburants, et donc de la disponibilité en tourteaux et en coproduits des céréales. À cela s’ajoute la reprise des spéculations sur les rendements à venir du soja, en raison des mauvaises conditions météo en Amérique du Sud. « Malgré des stocks importants, le moindre aléa relance les prix à la hausse sous l’effet de la spéculation des fonds d’investissement, explique Jean-Luc Cade, président de Coop de France nutrition animale. Sauf événement géopolitique majeur, il y a peu d’évolution à attendre d’ici la prochaine récolte. » Le colza suit la même tendance et pâtit d’une mauvaise récolte 2020, comme la luzerne déshydratée. Néanmoins, la reprise de la trituration liée à une hausse de la demande en huile est un signe positif, qui pourrait avoir des répercussions dans deux à trois mois.
100 M€ pour le plan protéines
À beaucoup plus long terme, l’annonce du plan protéines a pour ambition de réduire notre dépendance aux marchés mondiaux et en particulier aux importations de soja. Un budget de 100 M € a ainsi été débloqué dans le cadre du plan de relance national, avec l’ambition affichée, au cours des trois prochaines années, d’une augmentation de 40 % des surfaces emblavées avec des espèces végétales riches en protéines.
Jérôme Pezon
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