Le bilan du plan de réduction volontaire de la production laitière sur le mois d’avril, initié par le Cniel, est tombé. Rappelons qu’il proposait d’indemniser les producteurs à hauteur de 320 €/1 000 1 pour la totalité du volume non produit sur le mois dans la limite de 5 % dès lors que la baisse dépassait 2 % par rapport à la référence d’avril 2019. L’enveloppe initiale était de 10 M€, soit pour une baisse potentielle de 31 millions de litres. Au-delà, le seuil des 5 % devait être revu à la baisse.
Une enveloppe de 15,28 M€
Le Cniel nous apprend aujourd’hui que ce sont 48 millions de litres qui n’ont pas été produits en avril. « Au total 22 000 exploitations, réparties de manière homogène sur l’ensemble du territoire, ont contribué à l’effort collectif de baisse de production, soit près de 40 % des producteurs français », cite le communiqué. Devant ce succès, l’enveloppe a été augmentée de 5,28 M€ pour ne pas avoir à baisser le seuil de 5 %. Tous les volumes non produits compris entre -2 et -5 % seront donc bien indemnisés à hauteur de 320 €/1 000 l.
Moins de lait en France depuis avril
Cet effort financier important de l’interprofession (rappelons que les producteurs assurent 70 % des cotisations) a-t-il eu un effet sur les marchés ? Difficile à dire. « Il faut se replacer dans le contexte de fin mars. Devant le bouleversement du confinement sur la consommation, et en plein pic de production, la collecte serait-elle assurée partout ? Sans réaction de l’Europe, nous avons pris cette initiative. La production d’avril représente environ 65 Ml de litres de lait de plus qu’un mois moyen, essayons d’écrêter ce pic de moitié. Finalement, ce sont 48 Ml de litres qui ont sauté. Adossé ensuite au stockage privé, cela a pu participer au redressement de la valorisation beurre poudre que nous connaissons », analyse Thierry Roquefeuil, président du Cniel et de la FNPL. Plusieurs entreprises ont incité leurs livreurs à adhérer au plan du Cniel. Au total, 270 collecteurs ont fait remonter des demandes de réduction. D’autres producteurs ont sans doute profité de l’effet d’aubaine. Toujours est-il qu’il s’est produit moins de lait en avril que l’an dernier en France (-0,7 %) et cette tendance s’est accélérée en mai.
Dominique Gremy
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