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Jean-Charles Tardieu, éleveur du Cantal« L’autonomie pour améliorer mon bilan carbone et mon résultat économique »

Retour de notre web-série Ferme Laitière Bas Carbone, après sa pause estivale, aujourd’hui dans le Cantal. C’est à Neuvéglise-sur-Truyère que Jean-Charles Tardieu nous accueille, au Gaec des Aubépines, exploitation de 75 vaches laitières montbéliardes, qu’il gère avec son frère et un salarié. Accompagné dans son deuxième diagnostic Cap’2ER® par la Chambre d’agriculture du Cantal, l’éleveur mesure ses points forts en matière de stockage de carbone et de préservation de la biodiversité.

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Avec 135 ha de SAU, l’exploitation située à quelque 1 000 mètres d’altitude repose sur un système 100 % herbager (40 ha de prairies temporaires et 95 ha de prairies naturelles). Les 520 à 550 000 litres de lait collectés chaque année sont utilisés pour la production de Cantal au lait cru et de Fourme d’Ambert, fromages AOP. Un atelier gibier, faisans et perdreaux, complète le panel d’activités.

48 % des émissions de GES compensées

Si le Gaec des Aubépines a une empreinte carbone au niveau de la moyenne du département, avec des émissions brutes de l’ordre de 1,01 kgCO2eq par litre de lait, c’est dans la compensation de ses émissions de gaz à effet de serre que l’exploitation se démarque. Son système tout en herbe et la forte présence de haies (14 km) lui permettent de compenser près de 48 % de ses émissions de GES. Prairies naturelles et haies sont également de réels atouts pour la préservation de la biodiversité. Alliée de poids face à la sécheresse, « la haie contribue à un vrai microclimat, l’herbe des zones ombragées reste bien plus fraîche ». 

Grâce au diagnostic Cap’2ER®, Jean-Charles sait qu’il peut diminuer l’empreinte carbone nette de chaque litre de lait produit de près de 13 %. Cela passe, entre autres, par des évolutions dans sa gestion du troupeau. La baisse de l’âge du premier vêlage à 30 mois ainsi qu’un faible taux de renouvellement (inférieur à 20 %) diminue directement la part d’UGB improductives (15 génisses contre 23 lors du précédent bilan).

Autonomie sous toutes ses formes

Pour améliorer son bilan carbone (et économique), Jean-Charles mise sur plus d’autonomie dans différents aspects de l’exploitation. Autonomie protéïque d’abord. Pratiquant le sur-semis de luzerne en mélange depuis deux ans (10 ha), l’éleveur cherche à améliorer la qualité de ses fourrages. Cela lui permet notamment de compenser le changement de concentrés qu’il a progressivement opéré. Il a peu à peu réduit l’utilisation des tourteaux de soja au profit de ceux de colza, moins riches en protéines mais bien meilleurs pour son bilan carbone. Cette année, il a aussi arrêté le labour. Le non-travail du sol complète l’apport en légumineuses pour régénérer ses sols souvent impactés par la sécheresse. « Dès le printemps nous avons pu constater les premiers résultats avec plus de trèfles dans nos prairies. »

L’autonomie énergétique est également au programme avec un projet photovoltaïque sur bâtiment d’élevage d’ici deux ans. « Nous pratiquons le séchage en grange depuis 2014, ce qui est bénéfique à la qualité du fourrage mais gourmand en électricité. Le projet de panneaux photovoltaïques fera baisser nos charges de 40 à 50 % grâce à l’autoconsommation. »

Rémunération par les crédits carbone

Enfin, l’éleveur espère gagner en autonomie sur son paillage, qu’il achète pour le moment en totalité. La valorisation du bois de ses haies sous forme de plaquettes allègerait encore les charges de l’exploitation.

L’éleveur envisage en plus de valoriser ses efforts sur le marché des crédits carbone. En effet, l’ensemble des pratiques bas carbone mises en place sur l’exploitation peuvent être ainsi valorisées et procurer une source de revenus supplémentaires. Si les résultats économiques de l’exploitation confortent l’intérêt de ses pratiques vertueuses, Jean-Charles est avant tout fier de participer à l’évolution des pratiques agricoles et à une meilleure image de son métier. Et ça, ça n’a pas de prix.

Article réalisé par Web-agri Factory et proposé par le Cniel.

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