« On est un peu moins sollicités pour des projets de transformation laitière, reconnaît Didier Mahé, responsable du service circuit court et agritourisme de la chambre d’agriculture de Bretagne. Et les projets en cours mettent plus de temps à aboutir. » Sur 2024, le nombre d'installations en transformation laitière en bovins se limite à quelques unités seulement. En cause : le prix du lait actuel ? Difficile à mesurer, mais ça peut être l’une des causes en effet.
Des charges de transformation qui ont fortement augmenté
Au-delà du prix du lait que paye la laiterie, les charges de transformation peuvent rebuter un porteur de projet. « Tout a augmenté, affirme Didier Mahé. Le coût des matières premières, le matériel, les consommables… Sans oublier les salaires qui augmentent aussi du fait de l’inflation mais également de la rareté des compétences. » Au total, compter 20 % de charges en plus par rapport à la période d’avant Covid. Sans oublier de répercuter le prix du lait actuel dans ses calculs. Et aujourd’hui, on n’est plus sur l’idée de mieux valoriser du lait acheté 350 €/1000 l par la laiterie…
« Pour les producteurs, c’est difficile de réimpacter cette hausse sur les prix de vente, surtout lorsqu’ils sont en circuit avec les GMS ou la RHD. Ça se fait un peu plus facilement pour ceux qui vendent à la ferme. »
Se lancer ou pas : tout dépend de la stratégie
Le tableau n’est pas totalement noir, rassurez-vous. Le conseiller en circuits courts recommande principalement de bien ficeler son projet pour éviter toute déconvenue. Ensuite, c’est une question de stratégie : « Avant, une majorité des projets de transformation laitière se montaient en réaction au contexte. Le but était de moins dépendre des fluctuations de prix de la laiterie. Forcément aujourd’hui, ce n’est plus vraiment justifié. Mais cela ne veut pas dire que les projets n’ont plus d’intérêt. Tout dépend de la motivation de l’éleveur : ça peut être pour un positionnement à long terme de l’exploitation, pour l’image qu’elle renvoie, ou ça peut tout simplement être un projet de reconversion d’un conjoint ou d’installation d’une personne étrangère à l’exploitation. »
Ensuite, comme dit plus haut : il s’agira de bien maîtriser ses coûts, « et cela passe aussi par la conception du labo avec une bonne isolation, notamment vu le coût actuel de l’énergie ».
Savoir se démarquer
La consommation de produits laitiers est plutôt stable, mais pas en grande augmentation, donc pour un nouvel installé dans une zone déjà couverte par d’autres producteurs, la stratégie sera de se démarquer pour pouvoir prendre des parts de marché. « Ça passe par de bons produits, ou des produits différenciants, mais aussi par la vente en elle-même. Il ne faut pas oublier le métier de commercial dans tout projet de transformation laitière. Il est plus facile de s'en sortir avec de bons produits et une stratégie de vente bien pensée », avertit Didier Mahé.
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