Intervenant lors du congrès de l'Association nationale des élus de la montagne au Grand-Bornand (Haute-Savoie), le ministre a souligné que ce système d'étiquetage facultatif, mis en place à l'initiative du gouvernement français en 2016, « impacte en particulier les produits de montagne ».
Sa méthodologie, « fondée sur des quantités », se traduit par « des classifications qui ne sont pas forcément conformes à l'habitude alimentaire », et les fromages notamment se retrouvent extrêmement mal notés, a-t-il souligné.
« On doit revoir cette méthodologie : le Nutri-Score est très important, il faut le défendre parce que c'est la demande du consommateur d'avoir cette information. Mais oui à un Nutri-Score dont la méthodologie est revue et qui soit fait au niveau européen pour être assuré qu'il n'y a pas de compétition entre les différents produits contre les produits français », a-t-il dit.
Il a estimé que l'idée d'exempter les produits AOC du Nutri-Score, comme le réclamait une élue n'est pas « la solution » étant donné la multiplication des applications du même type. Il faut « faire en sorte que la méthodologie elle-même ne vienne pas à mal noter nos fromages et nos AOP », a-t-il insisté.
« Je pense que vous êtes conscient du danger qui nous guette », lui a répondu la députée du Doubs Annie Genevard, évoquant la filière locale du Comté. « Avec cette histoire de Nutri-Score, il y a un péril mortel pour nous », a-t-elle estimé.
Le Nutri-Score est basé sur cinq lettres (A,B,C,D,E) et un code couleurs, du vert au rouge, selon la qualité nutritionnelle de l'aliment. Le Nutri-Score est de D et E pour 90 % des fromages, dont le Roquefort, qui avait dénoncé il y a quelques jours une « approche punitive » et réclamé une exemption.
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