Quand il s’est installé en 2008, Sébastien Bera avait déjà l’intention de commercialiser lui-même ses produits. « Au début, j’étais en Gaec. Je m’occupais des bovins et mon associé se chargeait des céréales. Mais ensuite, nos aspirations ont divergé. Je voulais me diversifier dans la vente directe, et lui dans l’aménagement paysager… » Le Gaec est dissout et l’agriculteur peut alors se lancer. Il commence par des colis de viande qu’il vend en direct à la ferme, mais aussi en ligne sur des plateformes comme Locavore et La Ruche qui dit oui, pour l’échelon local, et Okadran, qui lui permet de prospecter également au niveau national.
30 bêtes par an
Puis, il se dit qu’il pourrait vendre lui même ses produits sur internet, fait appel à une connaissance pour créer et louer (www.loca-web.net) son site marchand www.lafermedelatourserviat.com avec commande et paiement en ligne. Alors la télé, France 2 notamment, donne un coup de pouce essentiel au démarrage de son projet. La chaîne réalise en effet un reportage sur sa ferme montrant toutes les étapes de la production, depuis les champs jusqu’au consommateur parisien. Très vite, le producteur est débordé. « Il y a eu jusqu’à 2 000 visites en même temps sur mon site web ! », se souvient-il. Heureusement depuis, il a trouvé sa vitesse de croisière. Les livraisons sont assurées par Chronofresh, un service de Chronopost dédié aux produits frais. « Le soir, je vérifie les stocks. Je n’étais pas trop "branché" internet avant mais aujourd’hui, c’est vraiment devenu une habitude. J’ai toujours un carnet et un crayon dans la poche pour prendre les commandes au téléphone, mais c’est beaucoup plus pratique lorsque les gens commandent en ligne », reconnaît-il.
Grâce au site web, ils sont loin les quelques colis de viande de ses débuts. « Désormais, je suis capable de conditionner et de vendre 800 g de pot-au-feu pour un client à Paris. » Via les différentes plateformes, Sébastien commercialise 30 bêtes par an, les femelles de son troupeau de 100 mères charolaises, qu’il engraisse. Les mâles, eux, sont vendus en broutards.
Innover en permanence
Les ventes sont groupées et ont lieu toutes les trois semaines, sauf au moment des fêtes de fin d’année. « Des fois, je fais 10 colis et d’autres, 50. C’est très irrégulier jusqu’à présent. » En plus du site internet, l’agriculteur a créé une page Facebook (Ferme-De-La-Tour-Serviat) qui compte plus de 2 000 fans. Il l’utilise pour écouler la viande restant en stock avant de découper une nouvelle bête. « Je mets l’annonce, je la booste un peu pour pousser les commandes et en règle générale, 48 heures après, c’est parti. »
La location du site a été tout de suite rentabilisée. « Maintenant, je voudrais améliorer mon magasin en ligne pour augmenter encore les ventes. » Il essaie aussi de travailler son offre en proposant de la charcuterie à base de bœuf, de la viande fumée, etc. En parallèle, il a monté une activité d’achat et de revente de produits fermiers. « Un service pour mes clients, mais aussi pour mes voisins en vente directe, qui n’ont pas le temps de gérer leur propre site internet. » À 31 ans, ce producteur ne manque, en tout cas, ni d’enthousiasme ni d’idées.
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