Boiteries. Un panaris traité trop tardivement a entraîné une amputation de l’onglon externe.
Les boiteries sont devenues un fléau dans les exploitations laitières. La faute notamment au développement des systèmes à logettes et au béton. Dans ces bâtiments, les conditions d’hébergement cumulent un sol dur et de nombreuses zones humides. Cela favorise les lésions mécaniques et le développement de bactéries. Des maladies infectieuses se développent comme le fourchet, la maladie de Mortellaro (dermatite interdigitée) et le panaris.
Lors de panaris qui se compliquent ou de maladies infectieuses remontant du sabot externe jusqu’à l’articulation interphalangienne, le traitement antibiotique devient illusoire. Si l’onglon interne n’est pas touché, une solution consiste à amputer l’onglon externe de la vache.
Exemple pratiqu e
Dans un troupeau prim’holstein de notre clientèle, une vache laitière très amaigrie et ne pouvant quasi plus poser la patte arrière droite nous est présentée. Le panaris, non traité rapidement par des antibiotiques, a dégénéré en arthrite. La vache s’est tarie et a du mal à se déplacer pour manger à sa faim à cause d’une douleur très importante malgré les anti-inflammatoires.
Traitement
La chirurgie est décidée. La vache est mise dans une cage de contention. Une légère tranquillisation intraveineuse est réalisée. La patte est levée, à peu près comme pour un parage. Un garrot est posé, avec une anesthésie locale sous garrot. Après la réalisation d’une série de nettoyages et désinfections, l’onglon est amputé à l’aide d’une scie-fil.
Un pansement compressif pour éviter les saignements est posé pour vingt-quatre heures et renouvelé jusqu’à la présence d’un tissu de granulation, c’est-à-dire un tissu rouge qui saigne facilement. L’opération est brève, le temps de préparation de l’animal et du site chirurgical est le plus long. En moyenne, l’animal est moins d’une heure dans la cage de contention. La patte est reposée et on attend quelques minutes pour s’assurer que rien ne saigne.
Un antibiotique et un anti-inflammatoire sont administrés. Notre vache qui ne pouvait plus poser la patte sort de la cage pour aller brouter l’herbe, bien soulagée d’être allégée de cet onglon qui la faisait terriblement souffrir.
Une amputation plus précoce aurait permis de sauver la lactation et d’éviter l’amaigrissement.
Un gros poste de pertes
Une boiterie modérée, c’est-à-dire qui dure entre huit jours et un mois, sans très forte douleur, entraîne en moyenne une perte de production de 250 kg de lait et une augmentation de l’intervalle vêlage-vêlage de quinze jours.
Une boiterie sévère, c’est-à-dire de plus d’un mois, augmente considérablement le taux de réforme, entraîne des pertes de production d’environ 800 kg par an et détériore les résultats de reproduction.
L’antibiothérapie, pas toujours efficace
Quelle que soit la cause de la boiterie, la patte doit être levée dans les premiers jours de symptômes pour en connaître l’origine. Dans cinq cas sur six, un parage et des soins locaux suffisent à guérir la vache. Les antibiotiques ne sont nécessaires qu’une fois sur six en moyenne. Par contre, la non-prise en charge rapide de la boiterie entraîne très souvent l’utilisation d’antibiotiques. Heureusement, la plupart des panaris répondent à l’antibiothérapie, mais il existe plusieurs cas d’échecs : la mise en place trop tardive, la posologie insuffisante, la diffusion non satisfaisante à cause d’un tissu très inflammatoire ou la présence de coques d’abcès, le non-respect de la durée du traitement, la présence de plaies trop profondes, et l’antibiorésistance.
Conseil
Observez bien vos vaches. Une ligne de dos bombée lors des déplacements est déjà un signe d’inconfort et de douleur et l’intervention à ce stade évite la dérive en boiterie sévère.
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