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Ils font l'agriculture européenneAnnette, Suède : « J'aime mes vaches, mais ça ne m'empêche pas de les manger ! »

Si l'Union européenne se préoccupe de plus en plus du bien-être animal, la Suède reste précurseur dans ce domaine. La première Société protectrice des animaux n'a-t-elle pas vu le jour dans ce pays il y a plus de 120 ans ? « C'est fondamental, c'est dans notre culture ! », confirme Annette, éleveuse. Mais attention le « bonheur » de ses vaches laitières ne se fait aux dépens ni de la productivité, ni de la rentabilité comme vous allez le découvrir grâce à notre tour d'Europe.

Cliquez sur les photos pour accéder aux témoignages.

Vous ne connaissez peut-être pas Zozo la Tornade ou Fifi Brindacier. Dès les années 50, grâce à ces deux personnages de la littérature jeunesse suédoise, des générations d'enfants ont été sensibilisés au respect du monde animal. Un combat mené par l'auteure, Astrid Lindgren, au-delà de ses livres, qui lui a valu un hommage national et même une loi ! En Suède également, a été créée, il y a plus de 120 ans, la première Société protectrice des animaux. Voilà qui illustre l'intérêt, aussi important que précoce, de ce pays pour le bien-être animal.

Des animaux dehors pour « leur bonheur »

Une préoccupation que portent depuis longtemps les Suédois à Bruxelles et qui a insufflé des évolutions de réglementations et de pratiques dans les autres États membres. Pour Annette et la plupart de ses collègues éleveurs, « le bien-être animal est fondamental », surtout dans ces régions du globe où les températures varient entre « - 5 et - 10 °C l'hiver ». « C'est dans notre culture », insiste cette fidèle lectrice, pendant son enfance, d'Astrid Lindgren. Ainsi, pour « le bonheur » de ses 130 vaches laitières, « il faut qu'elles soient dehors de mai à fin octobre ».

« À l'abattoir pour l'équilibre de la planète »

« J'adore mes vaches et le lait qu'elles produisent, mais j'aime aussi beaucoup les manger et même savoir laquelle je mange, car je sais qu'elle a été heureuse toute sa vie. Les envoyer à l'abattoir n'est donc pas un problème. Cela fait partie de l'équilibre de la planète pour nourrir la population », explique l'agricultrice. La seule bête qui restera sur la ferme : Molly, le cadeau d'anniversaire de ses 40 ans ! Annette élève donc ses animaux pour que leur lait et leur viande soient consommés, dans un monde bien réel loin de celui des "bisounours", où productivité et rentabilité sont essentielles.

Mes bêtes ont été heureuses toute leur vie.

Et si elle et son mari se sont lancés dans le bio, c'est parce que « cela correspond bien à leur état d'esprit » et « amène 10 cts de plus par litre de lait ». 85 % de la production part à la grosse coop suédo-danoise Arla et 15 % est vendue en direct (lait frais et produits transformés) : une partie dans deux épiceries de Stockholm à 60 km (pour une rémunération de 1,14 €/l), et le reste dans un magasin self-service sur l'exploitation, équipé d'un distributeur de lait frais. « Pas besoin de caissière, les clients laissent l'argent dans une boîte en fer et il n'y a jamais eu de vol ! », lancent les producteurs que les deux fils, aussi passionnés qu'eux, vont bientôt rejoindre...

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