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Béton ou bitumeEt si vous refaisiez votre cour de ferme ?

Comptez environ 25 €/m<sup>2</sup> pour de l'enrobé. Esthétique mais moins solide qu'un béton. (©Terre-net Média)
Comptez environ 25 €/m2 pour de l'enrobé. Esthétique mais moins solide qu'un béton. (©Terre-net Média)

Faire un enrobé bitume ou un revêtement béton sur sa cour de ferme permet d’améliorer le confort de travail pour les manœuvres quotidiennes et peut aussi réduire les risques d’accident. Béton ou bitume ? Témoignages croisés d’éleveurs du Maine-et-Loire.

Au bien nommé Gaec du Bon accueil, il faut que ce soit propre, pour recevoir. « On a du voisinage autour de nous donc on fait attention, on a toujours aimé avoir un peu de propreté, on est comme ça », reconnaît Éric Raimbault, 62 ans.

Environ 1 000 m2 ont été bitumés, sur cette exploitation du Pin-en-Mauges (Maine-et-Loire). « Ce qui a provoqué notre décision, c’est le silo », raconte l’éleveur laitier, associé avec son frère ainé. Le béton dessous était attaqué par l’acidité de l’ensilage, il y avait des trous partout, il fallait donc le refaire. Aux abords des bâtiments, il y avait des nids de poule, des flaques, « quand on avait du fourrage qui tombait on ne pouvait pas nettoyer ». Restait à choisir le type de revêtement. Goudron ? Béton ? Bitume ?

Cour de ferme
Éric Raimbault : « Ma ferme est à transmettre. Pour celui qui va reprendre la ferme, c’est quand-même bien pratique d’avoir déjà le bitume de fait ». (©Terre-net Média)

Pas question d’opter pour le goudron, trop fragile. Entre les camions laitiers, les ramassages d’œufs, les camions d’aliments ou de fournitures et les manœuvres quotidiennes de tracteurs, le revêtement ne tiendrait pas bien longtemps. Quant au béton, les deux frères craignaient qu’il ne se fende. Ils ont donc opté pour l’enrobé : un empierrement solide de plusieurs dizaines de centimètres recouvert de 14 à 15 cm de bitume. « Au quotidien c’est vraiment plus agréable : les manœuvres de mélangeuse, chargements successifs de godets de fourrage ne se font plus dans la gadoue. »

Une cour de ferme propre

Le choix du revêtement doit se faire selon deux critères : le coût et la solidité. Aperçu des différentes possibilités (liste non exhaustive, un empierrement supplémentaire peut par exemple être nécessaire sous le bitume dans les cas des sols très mous) :

Bétonner une cour de ferme
Les entreprises de travaux publiques sauront vous aiguiller selon votre localisation et le type de terrain. (©Terre-net Média)

« Le bitume, c’est ce qu’il y a de plus esthétique »

À Montjean-sur-Loire (Mauges-sur-Loire), Maurice Charron avait fait faire un enrobé il y a 25 ans devant ses bâtiments, mais une douzaine d’années plus tard, il a fallu faire des retouches : le bitume était un peu défoncé aux endroits où le sol est argileux. Les machines sont donc revenues creuser sur des rectangles de plusieurs mètres carrés, puis étanchéifier, remblayer en terre et en pierres et rebitumer sur dix ou douze centimètres.

Ici, la circulation de poids lourds est très importante, puisqu’il y a aussi une activité de négoce : quarante à cinquante allers-retours quotidiens de camions. « Le bitume, c’est ce qu’il y a de plus esthétique, c’est plus joli sur les grands espaces », estime son fils Olivier. Mais c’est aussi « plus sensible aux lubrifiants, à la chaleur et aux frottements de roues ». Voilà pourquoi devant le bâtiment principal, là où les manœuvres sont les plus nombreuses, ils ont opté pour une chape de béton de près de 300 m2. Pas de problèmes de fissures ici, grâce à des joints de dilatation qui lui donnent une certaine souplesse et réduisent le risque de craquement.

Cour de ferme en enrobé et béton
A Montjean-sur-Loire (49), Maurice et Olivier Charron ont opté pour un enrobé bitume, sauf devant le bâtiment où les manœuvres sont nombreuses où ils ont préféré le revêtement béton. (©Terre-net Média)

« Moins de risques d’accident »

À 3 kilomètres de là, au Mesnil-en-Vallée, Bernard et Sébastien Denis ont choisi de refaire leur cour de ferme essentiellement pour des raisons de sécurité. « On a des pentes à 8-9 %, dès qu’on a de l’eau ça draine, et il fallait faire très attention quand on avait une botte de foin dans le chargeur ! » Il y avait aussi un risque pour les camions de bétail : « Ils sont de plus en plus grands, maintenant ils sont à deux étages. Chaque fois qu’un camion venait chercher des vaches, c’était dangereux, il y avait des bosses et des trous, on avait toujours peur qu’il se renverse ! » Désormais, la pente est régulière et le risque écarté. Bernard Denis a opté pour le bitume, la pente était trop importante pour envisager une chape de béton.

Au quotidien, c’est un gain de confort de travail : « C’est jamais agréable de se faire secouer dans le tracteur, quand il y a plein de nids de poules ! Et puis c’est quand-même plus propre, l’hiver on ramène toujours de la terre quand on passe avec des engins. »  S’il n’a engagé ces travaux qu’à la fin de sa carrière professionnelle, c’est qu’il attendait que son fils s’installe. Éric Raimbault, lui est à la recherche d’un repreneur sur sa ferme du Pin-en-Mauges. Il se dit qu’avoir refait sa cour sera peut-être un argument d’attractivité en plus. « Les jeunes  veulent du confort de travail, songe l’éleveur. C’est quand-même bien pratique d’avoir déjà le bitume de fait, quand on s’installe. »

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