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À l'étrangerUn bâtiment d'élevage français pour les éleveurs mongols

En Mongolie, Eilyps a imaginé cette exploitation pour 100 vaches allaitantes et la suite. (©Eilyps)
En Mongolie, Eilyps a imaginé cette exploitation pour 100 vaches allaitantes et la suite. (©Eilyps)

Le savoir-faire français s’exporte. Pour développer son agriculture, la province chinoise de la Mongolie-intérieure a fait appel aux compétences hexagonales. Exemple avec Eilyps qui a dessiné un bâtiment pour 100 vaches allaitantes.

Pour nourrir sa population, la Chine renforce son agriculture et, notamment, ses filières d’élevage. Si l’évocation de l’agriculture chinoise nous fait penser aux immenses exploitations porcines, gérées comme des industries, l’élevage a autant de visages que la Chine de diversités. « Au nord de la Chine, en Mongolie intérieure, l’élevage bovin est encore dans un modèle traditionnel avec 2-3 vaches par famille », explique Loïc Quéméré, directeur technique d’Eilyps.

Le savoir-faire français dans la conception du bâtiment d'élevage

Pour développer cette production, le gouvernement local a fait appel au savoir-faire français, via l’ambassade qui a mobilisé différents réseaux agricoles. Au total, 78 entreprises interviendront sur ce projet. Par exemple, Allice va travailler sur l’amélioration du potentiel de production par le croisement de races locales avec des races françaises, la DGER sur la formation…

« Nous avons été sollicité pour apporter notre expertise en conception de bâtiment, complète Loïc Quéméré. Dans le cadre de cette politique de développement agricole, M. Wen, un entrepreneur, souhaite construire un bâtiment moderne, une ferme modèle qui donne envie aux éleveurs d’aller vers ce type de bâtiment. C’est à la fois un outil de production et de pédagogie. »

De la Bretagne à la Mongolie : 8 000 km de distance

Depuis la Bretagne, les équipes d’Eilyps et de Tecmatel, sa filiale bâtiment, ont conçu un bâtiment pour 100 vaches allaitantes et l’engraissement. « Nous avons organisé plusieurs visioconférences avec les référents chinois, pour cerner leurs attentes, connaitre leurs contraintes, comme les conditions climatiques ou le type d’alimentation. Il nous fallait concevoir un bâtiment avec un hivernage long mais aussi un accès au pâturage », retrace Loïc Quéméré.

Le bâtiment a été pensé en deux blocs, l’un pour les vaches avec une passerelle pour permettre des visites, le deuxième pour les génisses et la partie engraissement. Les bâtiments seront à ossature métallique. « Nous avons proposé qu’une partie du bardage soit en filets brise-vents, pour faciliter la gestion de l’ambiance. Ce matériel n’est pas utilisé en Mongolie, il faudrait l’envoyer depuis la France. »

Stockage des effluents, circulation, contention, pesée des animaux : ces aspects n'avaient pas été intégré au projet d'origine.

Ce n’est pas le seul point sur lequel l’expertise française a joué. « Nous avons aussi intégré des aspects qui ne font pas forcément partie des habitudes comme le stockage des déjections, l’organisation des circuits de circulation, le tri et la contention des animaux. Sans oublier d’inclure une bascule, parce que suivre les croissances c’est la base d’un élevage performant. Rien de high tech, pas de technologies auxquelles les éleveurs ne pourraient avoir financièrement accès, mais un bâtiment simple et fonctionnel, une construction réaliste par rapport à ce que d’autres éleveurs pourront faire. » Comme des salariés y travailleront, des espaces ont été conçus pour eux, salle de réunion, vestiaires et même un terrain de basket, sport dont les chinois sont fans !

La construction du bâtiment devrait commencer mi-février. « M. Wen pense le monter en deux mois, souligne Loïc Quéméré. Notre mission était de concevoir des plans. La construction sera assurée par des acteurs locaux. Après, nous sommes en discussion pour un accompagnement technique. »

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