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Poules pondeusesLe gouvernement précise les modalités du moratoire sur les élevages de poules en cage

Il est interdit de construire un nouveau bâtiment pour élever des poules pondeuses en cage ou de réaménager un tel bâtiment de manière à augmenter sa capacité, selon un décret publié mercredi au Journal officiel.

Il avait été décidé dès 2018 d'interdire toute nouvelle installation de poules en cage dans le cadre de la loi Alimentation (ou Egalim). Mais le décret d'application n'avait pas encore été publié, ce qu'avait contesté l'association de défense des animaux d'élevage CIWF devant le Conseil d'Etat. La plus haute juridiction administrative lui avait donné raison en mai et demandé au gouvernement de publier le décret dans les six mois.

Selon la notice du texte, il sera toujours possible d'élever des poules en cage et de transmettre son exploitation. Mais sont interdites, « de manière certaine, la réalisation de toute nouvelle construction de bâtiment visant à accueillir des poules pondeuses en cages ainsi que la réalisation de tous travaux ou aménagements conduisant à augmenter la capacité de production du bâtiment exprimée en nombre de poules pondeuses en cage pouvant être mises en place ».

Le CIWF ne s'en satisfait pas. L'organisation aurait souhaité que la France empêche « tout investissement dans les cages », a indiqué à l'AFP sa porte-parole Agathe Gignoux. Or, un éleveur pourra rénover son bâtiment s'il ne prévoit pas d'y loger plus de poules.

« On a l'impression que le gouvernement veut que la France conserve sa capacité de produire des œufs en cage », notamment pour satisfaire le marché de la restauration et l'industrie alimentaire, a-t-elle ajouté.

En France, premier producteur d'œufs en Europe, « il y a encore 17 millions de poules en cage, ce n'est pas négligeable », a poursuivi Mme Gignoux, regrettant que le gouvernement ne fixe pas d'échéance pour mettre un terme à ce type d'élevage.

Selon l'interprofession de l'œuf (CNPO), l'élevage en cage (œufs de code 3) a chuté depuis 2017 au profit de systèmes « alternatifs » qui représentent désormais en cumulé 64 % de la production : plein air, bio, mais aussi élevage au sol (19 % de la production en 2020). En plein essor, ce mode d'élevage permet aux poules - qui restent enfermées - d'évoluer librement dans le bâtiment.

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