À Paris, la belle abondance, égérie du SIA 2022, avait une double mission : représenter sa race et son territoire.
Du 26 février au 6 mars à Paris, Neige n’était pas seulement l’ambassadrice de la race alpine abondance au Salon international de l’agriculture (SIA). Elle était aussi le porte-drapeau des deux Savoie, où l’agriculture et le tourisme sont étroitement liés et où les filières fromagères permettent aux agriculteurs de vivre de leur métier.
Née le 20 août 2017, Neige est originaire du Grand-Bornand, en Haute-Savoie.
Station de ski bien connue, berceau du reblochon fermier, la commune est aussi l’une des plus laitières du département, avec 2 060 vaches dans 42 fermes pour à peine plus d’habitants.
La jeune vache est issue du troupeau du Gaec Le Maroly, géré par Philippe Missillier (52 ans), son fils, Arnaud, et sa belle-fille, Pauline, tous deux 29 ans.
Représentatif d’une agriculture de montagne, l’élevage pratique l’alpage et transforme la totalité de la production de ses 47 abondances en fromage : 80 % en reblochon fermier AOP, 20 % en raclette et tomme de Savoie IGP. Une moitié est vendue en blanc à huit jours, l’autre est affinée à la ferme et commercialisée directement auprès de crémiers et restaurateurs.
Avec sa robe rouge acajou, ses lunettes, ses sabots noirs, Neige répond parfaitement au phénotype de la race abondance, originaire de la vallée du même nom, dans le nord de la Haute-Savoie. Fille d’Empire et d’Eureka, mère de Skieuse (tout un programme !), elle mesure 1,43 m au sacrum et est pointée excellente avec 82 points (8 en mamelle).
Une bonne marcheuse
Son gabarit est parfaitement adapté à la montagne, dont elle arpente de mai à octobre les alpages. Situés entre 1 500 et 1 700 mètres d’altitude, ces 55 ha sont indispensables au fonctionnement de l’exploitation familiale, qui ne dispose, 11 km plus bas dans la vallée, que de 8 ha seulement dédiés au foin. Une situation courante dans cette région des Aravis. Égérie du SIA 2022, cette montagnarde coquette illustre parfaitement les qualités d’une race laitière qui s’est hissée au quatrième rang en France avec plus de 60 000 animaux recensés(1) (dont 75 % en Savoie-Mont-Blanc). Reconnue pour son aptitude fromagère – son lait entre dans la composition de quatorze fromages AOP et IGP – elle est aussi appréciée en dehors de son berceau grâce à ses qualités de très bonne marcheuse, de valorisatrice de fourrages grossiers et pâtures, de fertilité et de longévité. « Elle est également recherchée par des agriculteurs désireux de se différencier en développant des systèmes bio », pointe Philippe Missillier, président de l’Organisme de sélection des races alpines réunies (Osrar). Outre le génotypage, les éleveurs ont accès depuis quatre ans aux semences sexées.
Anne Bréhier
(1) 23 700 lactations à 300 jours en 2020 à 5 585 kg de moyenne.
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