Claire Perrinel a découvert les savoir-faire des fromageries fermières au fil d’un tour de France de six mois, à vélo.
Les fromages fermiers, elle en connaît un rayon ! Claire Perrinel a poussé la porte de 68 exploitations transformatrices et fromageries artisanales, aux quatre coins de la France. Férue de vélo, cette ingénieure en agroalimentaire de 26 ans a parcouru 4 900 km à la force des mollets ! Elle a enfourché son deux-roues le 10 avril 2017, pour rentrer chez elle le 14 octobre. Avec, dans son filet à provisions, mille et une idées sur une foule de fromages de vache, brebis ou chèvre. Pendant ses études, Claire s’est spécialisée en transformation laitière lors de stages « chez Lactalis, Bel, Laïta ». Mais une unique expérience de fabrication de tomme fermière a totalement conquis la jeune Lavalloise. Un temps salariée à la laiterie du Val d’Ancenis (groupe Laïta), elle a décidé de quitter ce CDI pour tracer sa « Route des fromages à vélo ». « Car c’est le produit vivant qui m’intéresse, le contact avec la matière, le lien avec l’élevage. Or, je ne trouvais pas cela dans les produits standardisés… J’ai donc voulu partir à la rencontre des produits et des éleveurs », explique celle qui, non issue du milieu agricole, aspire à devenir un jour fromagère.
« Tant de plaisirs gustatifs »
Son mode de déplacement écolo s’est vite révélé « le moyen idéal pour appréhender les territoires par leurs dénivelés, qui influencent les types de fromages. En altitude, [elle] a trouvé les pâtes pressées, et en plaine plutôt les lactiques et les pâtes molles ». Claire dit à peine les mauvaises conditions météo, le poids cumulé du vélo et du paquetage de 30 kg, la fatigue, tant l’expérience humaine fut forte. « Je ne garde que de bons souvenirs. L’accueil des éleveurs-fromagers m’a le plus marquée. La plupart ont accepté de me recevoir, m’ont fait partager leurs repas, leur toit, et leur passion du métier ! En m’arrêtant chez ceux qui ne peuvent pas partir, je leur ai permis de voyager un peu, par nos discussions. Je ne m’attendais pas à cela. » Après cette découverte « des incidences de l’élevage, de l’alimentation, des savoir-faire sur les spécificités de chaque fromage », Claire compte bien retourner chez certains fromagers pour approfondir des aspects du métier. « Je réfléchis aussi à reprendre une formation. J’ai vu cela lorsque j’ai fait étape à Poligny, dans le Jura. »
Surtout, cette passionnée veut attirer l’attention sur la richesse que constitue la diversité des pratiques, des terroirs… « Je cherche à défendre la transformation au lait cru, grâce à laquelle il existe autant de plaisirs gustatifs. Et je veux montrer le travail des éleveurs et des fromagers pour conserver des races locales, des savoir-faire », explique-t-elle.
Claire a retracé son voyage et ses visites sur un site Internet(1). Et elle témoigne de ses découvertes dans un court-métrage(2).
(1) http://routedesfromagesavelo.fr/ (2) https ://www.youtube.com/watch?v=qOj9UTx_r9A


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