20 % du chiffre d’affaires moyen d’une exploitation agricole est consacré à l’énergie selon les chiffres du Baromètre du bilan énergétique des fermes françaises. Ce chiffre recouvre l’utilisation d’énergies directes (utilisation de GNR, électricité, gaz…) mais aussi indirectes (énergie utilisée pour la fabrication des engrais et amendement, pour l’alimentation du bétail…).
Ce baromètre est réalisé par Fabacée, un programme agricole qui accompagne 250 groupes d’agriculteurs vers une réduction de leur consommation d’énergie, avec un objectif de -15 % en trois ans. Cette étude a été réalisée auprès de 1 000 exploitations parmi les 3 000 ayant rejoint le programme en 2025.
Sur les fermes analysées, la consommation moyenne est de 331 420 kWh par an, « soit l’équivalent de l’électricité annuelle d’environ 70 foyers français », explique Fabacée. Les disparités selon les productions sont toutefois importantes. En effet, les exploitations en grandes cultures sont les plus énergivores en raison notamment de l’utilisation d’engrais et de GNR. Elles consomment même deux fois plus d’énergies qu’un élevage bovin lait.
Un élevage bovin lait consomme en moyenne 349 948 kWh par ferme et par an, ce qui représente un budget de 38 500 € selon le baromètre Fabacée.
Moitié énergie directe, moitié énergie indirecte
Dans les élevages bovins laitiers, la consommation se répartit principalement, pour l’énergie directe, entre le GNR (34 % du total) utilisé pour les travaux fourragers, la distribution des aliments et le raclage des effluents, et l’électricité (12 %) utilisée pour le bloc traite et le fonctionnement du bâtiment. Dans les énergies indirectes, il faut noter l’alimentation animale (29 %) et les engrais (17 %) utilisés pour fertiliser les surfaces fourragères.
Plusieurs leviers identifiés par les groupes d’agriculteurs engagés dans le programme Fabacée pourraient permettre une économie d’énergie de 11 % sur un élevage bovin lait. Il s’agirait d’abord d’agir sur la consommation de GNR en adoptant l’écoconduite, en développant le pâturage et en passant aux techniques culturales simplifiées. Deuxième levier à actionner : les engrais. Un meilleur pilotage de la fertilisation, un changement dans les pratiques d’épandage ou encore l’introduction de légumineuses sont des pistes envisageables.
Autre levier : l’autonomie fourragère. « Les actions améliorant l’autonomie fourragère (gestion de l’herbe et du pâturage, augmentation de la quantité de légumineuses dans les rations) contribueraient à une diminution de la consommation d’énergie de 17 % pour l’élevage bovins lait », détaille Fabacée. Enfin « l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements électriques (chauffe-eau solaire, récupérateur de chaleur, pré-refroidisseur de lait) offrirait plus de 15 % de gains supplémentaires dans les élevages laitiers. »
Judith Demians, technicienne chez Agrobio35, anime deux groupes Fabacée en Ille-et-Vilaine. Elle a témoigné lors du Sia 2026 : « les éleveurs que j’accompagne utilisent déjà peu d’intrants et sont donc sobres en énergie. Leurs principaux postes de consommation sont le GNR et l’électricité pour le bloc traite. On a chiffré malgré tout une économie de 18 % en énergies en travaillant sur ces deux postes. Pour le carburant, nous avons fait une formation sur l’écoconduite au champ, puis nous avons passé les machines au banc essai moteur et nous regardons aussi les échanges parcellaires ou une modification des itinéraires culturaux. Concernant l’électricité, chaque ferme aura son diagnostic de consommation énergétique pour savoir où agir. »
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