Le métier d'éleveur s'est complexifié et l'astreinte n'a pas entièrement disparu, malgré la mécanisation et la robotisation. Alors, est-il encore possible de faire du lait tout seul ?
LA QUESTION CONCERNE NON SEULEMENT LES CONDITIONS DE TRAVAIL et la qualité de vie, mais aussi la sécurité de l'éleveur et de l'entreprise par rapport aux risques de maladie ou d'accident.
« L'agriculture d'aujourd'hui réclame beaucoup d'échanges et d'innovation, observe Alice Barthez, sociologue. Sortir de son exploitation est indispensable pour s'adapter. Quand on travaille seul, il faut donc trouver les moyens de se faire remplacer, même si confier son très bon troupeau à quelqu'un d'autre n'est pas simple. Les stratégies de mécanisation ont leur limite. »
« LA RÉUSSITE DE L'INDIVIDU D'ABORD »
Incontournable, le travail avec les autres peut revêtir des formes variées correspondant à des relations de nature différente. « Le lien que l'agriculteur entretient ainsi avec le salarié du service de remplacement est contractuel et éphémère. Il ne recouvre aucun intérêt capitalistique. Les relations avec les membres d'une Cuma sont plus resserrées mais restent encore ponctuelles. L'entraide entre voisins, où chacun conserve en amont sa liberté, constitue un engagement beaucoup plus léger que d'intégrer un Gaec. »
En effet, au sein d'une structure collective, la nature des relations entre les associés est beaucoup plus étroite et s'inscrit dans le cadre d'un contrat de longue durée. « Cette notion d'engagement dans le temps modifie profondément la relation entre les individus, explique Alice Barthez. Par ailleurs, dans un Gaec, la réussite individuelle passe par le groupe, par des présupposés de comportements qui, souvent, restent dans l'ombre. »
Ces questions de la relation avec les autres vont se poser de plus en plus à cause du développement de l'individualisme. « Aujourd'hui, les individus cherchent à savoir d'abord ce que le groupe peut et va leur apporter personnellement : quel est l'intérêt individuel que j'ai à me mettre en groupe ? À quelles conditions suis-je prêt à faire quelques concessions ? La vision judéo-chrétienne de la famille et de l'entreprise (se sacrifier pour l'autre) a vécu. Un pan d'idéologie chrétienne est tombé. »
Il est possible de construire des relations pérennes avec les autres autour de la question de la réciprocité technique et économique. « S'interroger sur ce qui me met le plus en danger sur ma ferme permet de définir mes besoins, note la sociologue. Ceux des autres, même quand ils sont différents, peuvent être complémentaires et donc sources d'échanges. La réponse juridique (Gaec ou forme d'entraide de plus en plus formalisée) ne vient que dans un second temps. » Il faut commencer par construire les conditions d'une réelle réciprocité entre les partenaires.
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