Six robots de traite sont disponibles sur le marché. Les constructeurs cherchent à se démarquer en jouant sur la productivité de chaque stalle ou sur la robustesse. Car le coût reste un frein à l'installation.
ELEVAGE CONSEIL LOIRE ANJOU A ORGANISÉ des journées d'information pour les éleveurs intéressés par les robots. Car aujourd'hui, la majorité de ceux qui réfléchissent à une nouvelle installation de traite se pose la question de l'intérêt du robot. Point fort de ces journées : tous les constructeurs se sont déplacés pour présenter leur matériel.
Parmi les grandes tendances, on constate que tous mettent l'accent sur la robustesse de leur équipement. Ils cherchent à réduire et à faciliter les opérations de maintenance. Les économies d'énergie et de consommation d'eau sont également à l'ordre du jour.
Autre piste d'évolution en vogue : maximiser la capacité du robot en réduisant les temps de chaque étape. En fluidifiant les entrées et sorties des animaux, ou en optimisant le nettoyage de la mamelle, il est possible de gagner du temps au passage de chaque vache afin d'augmenter la productivité.
Les constructeurs cherchent aussi à simplifier et à optimiser la valorisation des données collectées par le robot. Le coût de la maintenance devient un sujet de différenciation entre les marques.
DE 120 000 À 150 000 € POUR UNE STALLE DE 70 VACHES
Il existe des élevages ayant de très bons résultats quels que soient les modèles. À chacun de choisir ce qui lui convient le mieux, en sachant qu'il est important de disposer d'un service après-vente à proximité.
Selon une enquête d'Idele, les coûts de fonctionnement vont de 7 à 27 euros/1 000 l (voir page 36). Ils dépendent du nombre de vaches par stalle et du choix du contrat de maintenance. Il faut en parler avant de signer. Attention aux surcoûts souvent observés alors qu'ils ne se justifient pas : les concentrés vendus sous l'étiquette « spécial robot » sont sans fondement. C'est du marketing.
Les prix des robots vont de 120 000 à 150 000 € pour une stalle adaptée à 70 vaches. Les différences s'expliquent surtout par les options. Compter, par exemple, 8 000 à 10 000 euros pour une porte de tri.
Le succès de la traite robotisée ne dépend bien évidemment pas que du modèle choisi. La conduite de l'éleveur pèse lourd. Pour Denis Denion, expert robot à Élevage Conseil Loire Anjou, la fréquentation reste le point-clé de la réussite. La régularité des traites conditionne la qualité du lait, mais aussi la production, la santé des vaches et la charge de travail pour l'éleveur. Les boiteries sont donc l'ennemi numéro un. Le parage préventif une à deux fois par an devient nécessaire avec un robot. Les éleveurs ont facilement tendance à forcer un peu sur le concentré pour inciter les vaches à venir en cas de mauvaise circulation. Mais cette pratique peut se révéler onéreuse. De plus, elle augmente les risques d'acidose et amplifie donc les phénomènes de boiterie. La consommation de concentré au robot doit être limitée à 5-6 kg/jour. Sachant qu'en une minute, une vache peut consommer 450 g de granulés ou 300 g de farine.
La ration de base doit permettre une couverture inférieure de 8 à 10 kg à la moyenne du troupeau. Par exemple : 23 kg pour un troupeau à 32 kg. Pour les éleveurs utilisateurs de propylène glycol, Denis Denion conseille l'apport d'un produit dosé à 90 % de mono-propylène glycol sur une période de trois semaines suivant le vêlage, à raison de 300 ml par jour. La ration du dernier mois de tarissement et la réussite de la préparation au vêlage sont stratégiques pour limiter cette consommation de propylène glycol.
Le positionnement des abreuvoirs doit être réfléchi. Les vaches aiment bien boire après la traite et elles en ont besoin. Il est donc judicieux de placer un abreuvoir proche de la sortie du robot, mais en veillant à ce que les vaches qui s'y arrêtent ne bloquent pas la circulation des autres vers la stalle. Il faut disposer de 10 cm linéaires d'abreuvoir par vache dans un bâtiment pour ne pas limiter l'accès à l'abreuvement des vaches dominées. Tous ces détails mis bout à bout permettent d'optimiser le fonctionnement et, au final, de réussir l'adaptation de l'élevage à la robotisation.
PASCALE LE CANN
DENIS DENION, expert robot à Élevage Conseil Loire Anjou
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