L'Institut de l'élevage (Idele) organisait ce mercredi 6 juin, la première journée des marchés mondiaux sur le thème du lait. Les prévisions ont fait l'unanimité, tout du moins la prudence conseillée dans leur utilisation.
Philippe Chotteau, chef du département de l'économie de l'Idele, explique que des inconnues telles que le prix du pétrole ou l'évolution des taux de change limitent les projections pour la filière.
« Il n'est pas improbable que la collecte du deuxième semestre de 2016 soit en deçà de 2015 », lance prudemment Gérard You, économiste à l'Institut de l'élevage. La Commission européenne, quant à elle, tente tout de même une projection en 2025. Compte tenu des hypothèses retenues, l'Union européenne augmenterait en moyenne sa production de 1,3 million de tonnes par an, dont 500 000 t à l'exportation. Mais l'explosion du stockage en 2016 n'a pas encore été pris en compte, ce qui pourrait faire gonfler les estimations car il faudra écouler les stocks.
« Savoir regarder ailleurs »
L'objectif de cette rencontre était bien de s'informer des tendances hors du Vieux Continent. Et les temps sont également durs en Nouvelle-Zélande : 80 % des éleveurs y seraient en difficulté économique. Une stratégie de diversification est lancée, avec « des opérateurs pouvant se retrouver sur nos marchés privilégiés » (fromage et lactosérum), s'inquiète Philippe Chotteau.
Aux États-Unis, les éleveurs laitiers profitent d'un retour de la consommation intérieure, notamment en beurre, sous des budgets pourtant contraints. Mais des barrières aux frontières éloignent ce marché des Européens.
Du côté de la demande, la Chine n'apparaît plus comme l'eldorado, contrairement à la période avant 2013. La demande croît et la production nationale est limitée, en particulier par l'environnement. Mais les entreprises chinoises investissent hors du pays.
En Russie, même si l'embargo est levé, la reprise sera difficile car les produits laitiers sont dorénavant substitués par les ingrédients d'origine végétale, et l'impact du taux de change pourrait limiter la reprise des importations.
Enfin, l'Afrique est un bassin de consommation grandissant et proche de l'Europe. Mais « il reste à savoir s'ils auront les moyens », indique Philippe Chotteau.
M.B.
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