rédacteur en chef
Si nous en sommes à légiférer pour redonner du revenu aux producteurs, c’est que chez nous quelque chose cloche dans la répartition de la valeur ajoutée. L’exemple de la filière lait est emblématique et la comparaison avec l’Allemagne édifiante. En 2017, les producteurs y ont perçu 25 € de plus que vous en lait « standard ». De janvier à août dernier, ce sont encore 6 € de plus qu’ils reçoivent. Et pour ne parler que de la Bavière, productrice de PGC, comme l’est plutôt la France, ce sont 24 €/1 000 l de plus qui tombent depuis janvier.
Le paradoxe est que depuis la fin des quotas, l’Allemagne a ouvert les vannes. Là-bas, pas de réfaction si on dépasse son volume contractuel ou de prix C. On gagne sur les deux tableaux : prix et volume. L’autre paradoxe est que l’offre de produits laitiers allemande est réputée moins segmentée… et donc moins source de valeur ajoutée.
Alors à qui la faute en France ? Aux GMS qui, avec la guerre des prix, laminent depuis des années les marges des industriels ? Aux transformateurs qui ne restitueraient pas à l’amont les hausses concédées par les GMS ? L’heure n’est plus à savoir qui dit vrai dans ce poker menteur. À chacun de prendre ses responsabilités. La loi procure des outils pour cela. Car il y a urgence à redonner des perspectives à ceux qui vont devoir maintenant affronter les effets du réchauffement climatique. L’année 2018 a toutes les chances de se répéter avec ses lourdes conséquences (lire p. 16). Alors si en plus, le prix n’est pas là, c’est à désespérer de rester dans le métier.
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