rédacteur en chef
Avec son approche pragmatique des normes, le nouveau ministre de l’Agriculture nous met l’eau à la bouche. Mais pour étancher la soif des producteurs de lait qui ont derrière eux 850 jours de crise, il en faudra plus.
Dans sa première prise de parole, il vous a dit qu’il ne pourrait pas vous aider financièrement (on s’en doutait), mais souhaitait accompagner la modernisation des exploitations. Certes, moderniser son outil n’est pas à rejeter. Mais l’urgence est plutôt de donner un cadre stable pour permettre à ceux qui investissent de ne pas sombrer. Monsieur le ministre, voyez ce qui se passe sous vos yeux. On est entrés dans un monde volatil où les crises sont plus fréquentes, mais aussi plus longues. Dans ce contexte, les rares éleveurs qui arrivent à sortir la tête de l’eau sont ceux dont l’outil est amorti. Et encore, c’est généralement en puisant dans leur capital qu’ils subsistent. Mais pour les autres, c’est trop souvent l’impasse.
On en revient donc toujours à la même case. Ce cadre adapté à la lourdeur des investissements laitiers se joue à Bruxelles. Votre pragmatisme doit mettre les États membres devant leurs responsabilités. La Pac laitière influencée par l’Europe du Nord conduit à une guerre économique fratricide entre pays-régions-voisins. Une régulation a minima en situation de crise s’impose. Votre tâche sera immense car pour réussir, vous devrez trouver face à vous des gens capables de revoir leur logiciel de pensée. Mais si vous échouez, on sait ce qui nous attend. Car le populisme se nourrit de la colère et des frustrations.
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