rédacteur en chef
Les espoirs de nette remontée du prix du lait sont retombés. Un petit 300 € pour avril chez les trois leaders de notre industrie, le coup est rude pour le moral. À l’évidence, le prix du deuxième trimestre ne sera pas à la hauteur de ce qu’il faudrait pour commencer à renflouer les trésoreries mises à mal par deux ans de crise.
La faute à quoi ? En grande partie aux 350 000 tonnes de poudre de lait en stock qui continuent de freiner les velléités des acheteurs. La faute à qui ? À cette mécanique de la Pac qu’il faut d’urgence réparer pour lui donner la réactivité qui s’impose afin de passer les crises. La faute donc aux États membres et à Phil Hogan, l’exécuteur de leurs décisions ou non-décisions.
C’est acté, nous sommes dans une économie de marché et les quotas sont enterrés. Mais à quand un dispositif adapté à l’industrie lourde du lait, qui préserve l’outil de production (les exploitations) puisqu’il y a des perspectives ? Ce n’est pas après six mois de tergiversations politiques et un prix du lait au seuil de l’indécence qu’il doit s’enclencher. Il n’y aurait pas cette montagne de poudre en stock si le programme de réduction de la production avait été activé plus tôt. Mais surtout, ce dispositif doit responsabiliser les adeptes du « toujours plus, c’est toujours ça de pris », art de l’individualisme dans lequel excelle l’Europe du Nord.
À défaut de ce retour du bon sens pour la Pac, Phil Hogan aura beau exhorter à ne pas choisir les populistes qui veulent tourner le dos à l’UE, rien n’y fera. Le projet européen continuera de se déliter.
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