rédacteur en chef
La situation dramatique des Danois pointe à quel point la quête rapide d’une productivité laitière record avec, à la clé, une course à l’investissement financée massivement par l’emprunt, peut être dangereuse pour son indépendance. Et sa liberté tout court. Ce sont les banques, vraies propriétaires des fermes, qui décident de qui peut continuer, ou pas, de traire, ou de partir à la retraite…
Leur principale erreur a été d’écouter sans réserve le discours libéral des années Fischer Boel et de grossir trop vite. Une faute payée cash dans un monde qui s’ouvrait sur la volatilité. Encouragés par leur système de prêts hypothécaires, ils se sont endettés et équipés à outrance pour tutoyer les 550 000 litres/UMO. Mais c’est en empruntant que certains assurent leurs prélèvements privés, la faute aux annuités qui engloutissent l’EBE.
De cette version moderne de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, je retiens trois évidences. Dans un monde où le prix du lait peut durablement plonger très bas, chaque investissement doit être très finement pesé. Si l’on s’agrandit, ce que nombre feront dans les prochaines années, il faut le faire par étapes et dans tous les cas, produire mieux avant de faire plus. Et quand bien même on cherche à produire plus, seulement en saturant son outil, il convient de le faire avec doigté. Car un troupeau n’est pas une machine-outil. Il ne suffit pas d’empiler les vaches pour gagner plus. Elles doivent être en situation de confort pour donner le meilleur d’elles-mêmes, sous peine de gagner moins (lire p. 18 et 48).
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