Rédacteur en chef
Le Français a ce défaut de s’enflammer un peu vite pour les belles idées. Celle, couchée dans la loi Sapin 2, d’un coût de production intégré dans le calcul du prix du lait en était une. Celle de la loi Égalim, d’un prix du lait dépendant du mix-produit entreprise et d’indicateurs de marché en est une autre. Les producteurs en ont rêvé, mais ils déchantent à présent. Car la loi ne peut rien contre la réalité du marché et la hiérarchie des rapports de force entre acteurs.
En haut de la pyramide, la distribution, dessous les laiteries et à la base, des producteurs encore insuffisamment structurés.
Combien de laiteries ont intégré le coût de revient dans leur prix du lait ? Deux : Danone et Lactalis. Bien maigre succès. Pour revenir au pionnier en la matière, Danone, on a vite compris aussi que ce coût de production ne pouvait être la seule composante du prix. Il l’a été quatre ans durant dans le contrat d’une de ses OP, jusqu’à ce que le privé constate qu’il payait sa matière première bien plus cher qu’ailleurs. Son poids est alors revenu à 50 %, au grand dam des producteurs.
Où est aussi la pertinence de l’indicateur prix du lait allemand, qui jauge la valorisation des PGC export chez Lactalis et Sodiaal ? Reflet de la moyenne d’un pays qui, au nord, fait surtout des produits industriels, au sud des PGC, il intègre une part de valorisation beurre-poudre… celle-là même imposée par ces deux laiteries comme indicateur – tout aussi grossier – de leurs marchés ingrédients.
Une belle couleuvre que les producteurs et leurs OP avalent là.
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