Grand reporter
N’en déplaise aux fournisseurs et aux laiteries, produire 100 % de sa référence laitière n’est plus indispensable pour dégager du revenu. Pourtant, ce dogme hérité de l’ère des quotas laitiers résiste encore dans la tête de bien des éleveurs et conseillers.
Mais depuis 2015, presque tout a changé. La référence laitière n’est plus le facteur limitant principal. Le coût des intrants ne cesse d’enfler et malgré la loi Égalim, le prix du lait ne compense pas. Il stagne désespérément depuis dix ans. Les éleveurs qui ont changé de logique parce qu’ils en avaient assez de ne travailler que pour payer les factures et ramasser des miettes ont bien souvent réussi à retrouver un revenu. Beaucoup y sont parvenus en transformant leur système de production pour gagner en autonomie et réduire leurs charges. Quitte à produire moins de lait. Tous se retrouvent davantage en phase avec les attentes sociétales.
Ces mouvements commencent à interpeller la filière. Lactalis s’inquiéterait du risque de recul de la collecte. Le monde de l’agrofourniture a beaucoup à perdre. Cette forme de décroissance, qui ramène des euros et du bien-être sur les fermes, risque aussi, si elle s’étend, d’enrayer la dynamique du système.
Mais elle peut redonner à des jeunes l’envie de s’installer, faciliter les reprises à des prix abordables, et donc contribuer à faire vivre les campagnes. Autrement dit, renverser la vapeur à un moment où le renouvellement des générations devient une inquiétude majeure. Une évolution qui serait positive pour tous.
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