rédacteur en chef adjoint
Il y a dix an s, les images d’éleveurs épandant leur lait dans les champs ont créé un électrochoc. Quatorze jours de grève du lait pour jeter un produit qui ne rémunère plus ses producteurs. Une jacquerie des temps modernes que personne n’avait vue venir. Cette spontanéité et l’ampleur du mouvement ne sont pas sans évoquer celui des Gilets jaunes, avec plusieurs degrés de violence en moins. On y voyait déjà l’expression d’une colère contre un système qu’on ne comprend plus et un mal-être économique bien réel.
C’était aussi une révolte contre les élites de la profession – présidents de coop ou d’OPA, de syndicats –, perçues comme vendues au dogme libéral de l’UE. Et là encore, les arguments populistes n’étaient jamais loin. Mais l’Apli, initiatrice de ce schisme, permettait à nombre d’éleveurs, jusque-là dans l’ombre, d’exprimer collectivement l’espoir de peser enfin pour des jours meilleurs. Un espoir de courte durée. Qu’ont-ils obtenu ? Bien peu et surtout pas cette Pac protectrice et un État régulateur capable de prévenir les crises. L’Europe du Nord n’en voulait pas, alors nous ne l’avons pas eu. Ce que nous avons connu, c’est une nouvelle crise tout aussi brutale en 2016 et plus de 20 000 producteurs disparus en dix ans.
Les leaders de ce mouvement se sont rapidement entredéchirés et la dynamique s’est éteinte. Il est curieux de constater que plusieurs d’entre eux sont alors passés d’un schéma de production « intensif-maïs-génétique » à celui « d’herbager-bio-vente directe », le seul encore sécurisant. La révolution est plus facile à faire chez soi.
Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026