Avec 230 000 tonnes de poudres exportées par an (et un peu plus de 50 000 t de fromages), l'Argentine est le sixième exportateur mondial de produits laitiers. Le pays gagne aussi des parts de marché sur le segment très prisé des poudres de lactosérum. « Il faut y voir le fruit des investissements industriels récents dans des tours de séchage, grâce aux crédits du Bicentenaire accordés par l'État argentin, ou au financement des maisons mères pour les laiteries appartenant à des groupes internationaux », explique Miguel Paulón, président du Centre industriel laitier argentin. Selon lui, la capacité industrielle totale du pays serait de 35 millions de litres par jour, dont 12 Ml pour fabriquer de la poudre grasse ou de lactosérum, produits phares des exportations nationales. Principales destinations : le Venezuela, le Brésil et l'Algérie.
Plus rentable de vendre sur le marché intérieur
Pour autant, la capacité d'exportation du pays est aujourd'hui freinée par l'existence d'un double taux de change appliqué par les douanes à la monnaie locale. Les exportateurs reçoivent, via la Banque centrale d'Argentine, au taux officiel environ six pesos pour chaque dollar facturé à l'étranger... alors que sur le marché, un dollar vaut en réalité dix pesos. De quoi saper la rentabilité des opérations à l'étranger, les industriels faisant face à l'inflation générale des prix en pesos, dont les salaires de leurs ouvriers, de 20-25 % par an. Conséquence : il serait aujourd'hui « plus rentable d'écouler le lait en fromages sur le marché argentin que de charger des poudres sur un bateau. Le lait UHT se vend à Buenos Aires 1 €/l », note Juan José Linari, des Confédérations rurales argentines. Les industriels ont aussi du mal à saturer leurs nouveaux outils, à certaines périodes. Le fait est que la collecte laitière continue de patiner. La faute à la concurrence du soja dans les régions à fort potentiel et aux fermages exorbitants qui ne motivent pas leur utilisation en prairie. Conséquence de la hausse du tourteau de soja et des inondations à l'ouest de la province de Buenos-Aires fin 2012, la production a baissé 7 % au premier trimestre. « En 2013, la collecte sera sans doute comme l'an dernier, à 11,3 Mt, loin de notre potentiel », regrette Juan José Linari, alors que l'Argentine entre dans son pic de production.
MARC-HENRY ANDRÉ
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