C'est désormais admis : la lutte contre le changement climatique passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'Europe fixe un objectif de - 14 % pour la France en 2020 par rapport à 2005. Bien sûr, il est demandé au secteur agricole de participer à l'effort. Il lui est attribué 19,8 % des émissions nationales en 2010. Le méthane issu de la fermentation entérique des ruminants et de la gestion des déjections y contribue pour 40 %.
Si, individuellement, les éleveurs sont ouverts à cette démarche, la tâche apparaît tellement énorme et complexe qu'il semble difficile d'oeuvrer dans ce sens. Sans oublier que cette adhésion ne doit pas être effectuée aux dépens d'une baisse de revenu.
Deux bonnes nouvelles viennent de tomber. La première vient de l'Institut de l'élevage et de l'Inra. Dans un article scientifique commun publié récemment, ils montrent que les exploitations technico-économiquement les plus performantes « connaissent de faibles impacts environnementaux. À l'inverse, celles non optimisées d'un point de vue environnemental ont recours de façon importante aux intrants et possèdent des coûts de production plus conséquents ».
En veille pour décrocher des subventions
L'autre bonne nouvelle vient d'une étude de l'Inra. Elle identifie dix actions efficaces, décomposées en vingt-six sous-actions. Un tiers relève d'ajustements techniques avec une économie d'intrants sans perte de production et un gain financier pour l'agriculteur (pâturage, plus de légumineuses dans les prairies, réglages des tracteurs, etc.). C'est donc encourageant. Un autre tiers engendre des investissements (méthanisation par exemple) mais pour un coût modéré de la tonne de CO2 évitée (moins de 25 €/t). « À nous d'étudier si des incitations financières leur permettent de basculer dans le positif », a indiqué notamment l'Ademe, le 2 juillet, à l'occasion d'un colloque de l'Inra. Le dernier tiers correspond à des sous-actions à coût plus élevé mais avec effet positif sur d'autres objectifs environnementaux (bandes enherbées, torchères, etc.).
Cette étude inspirera les programmes de financements européens (nouvelle Pac), nationaux et régionaux prévus pour la lutte contre le changement climatique. Aux éleveurs d'être attentifs pour ne pas passer à côté et ainsi avancer dans leurs performances.
CLAIRE HUE
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