Le 29 janvier, l’ODG camembert de Normandie (interprofession) votait à 53 % contre une grande appellation d’origine. Le 3 mars, il confirmait ce vote, toujours à 53 % des voix. Dans la foulée, 97 % des professionnels ont décidé d’abandonner le projet. Ils enterrent ainsi deux ans d’un travail qui visait à sortir la tête haute du conflit opposant les deux camemberts. L’AOP, qui répond à un cahier des charges et des contrôles, reproche au « Fabriqué en » d’usurper le mot « Normandie » et d’entretenir la confusion auprès des consommateurs.
Isigny a fait pencher vers le « non »
Lactalis, Gillot, Isigny Sainte-Mère, Réo (groupe coopératif des Maîtres laitiers), la fromagerie du Val de Sienne : tous les fromagers ont voté contre cette grande AOP. Avec les voix dont elle dispose aussi dans le collège producteurs, la coopérative Isigny a contribué à faire basculer le vote dans ce sens. « Nous n’y voyions pas clair, justifie Arnaud Fossey, le président. Le lait cru n’était réservé qu’à l’AOP actuelle. Il y avait un manque de clarté sur l’étiquetage des deux camemberts. »
En cas d’échec, l’Inao s’était engagé « à faire cesser cette usurpation par voie judiciaire. Je maintiens cette position, déclare Jean-Louis Piton, président de l’Inao. J’attends que le Comité national des AOP laitières acte la décision du Camembert de Normandie. Le confinement dû au coronavirus l’en empêche actuellement. »
Savencia ôtera la mention « Normandie »
Message reçu cinq sur cinq par Savencia, gros fabricant de camemberts « Fabriqué en Normandie » au travers de ses marques Cœur de Lion et Le Rustique. « Dès que l’Inao aura légiféré, nous ôterons la mention “Normandie” de nos emballages. Nous ne souhaitons pas une procédure juridique, indique le groupe. La France se tire une balle dans le pied. À l’export, le camembert ne pourra plus se différencier de ceux produits ailleurs dans le monde. » L’autre gros faiseur, Lactalis, affirmait fin février son intention de maintenir la mention sur ses marques Président, Lanquetot, Lepetit, etc. Le fera-t-il ? Depuis, la crise du coronavirus a fait couler de l’eau sous les ponts. À suivre, donc.
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