Le plafonnement de la productivité laitière par hectare acté par l’AOP comté (qui s’applique à tout le lait produit sur les exploitations) fait sentir ses premiers effets collatéraux. Alors que le marché demande toujours plus de comté, l’approvisionnement auprès des fruitières est devenu vital pour les affineurs dans leur stratégie de développement. D’où une tension perceptible sur le terrain et quelques mouvements récents de coopératives.
Monts et Terroirs, la filiale de Sodiaal, en a notamment fait les frais. Début 2018, elle a perdu trois fruitières (Gilley, Lavans-Vuillafans et Vers-en-Montagne), départs non compensés par une seule arrivée (Poligny-Tourmont). Bilan : une perte de 600 t de comté pour le premier metteur en marché (17 400 t de comté en 2017).
« Un partenariat avec Sodiaal qui a du sens »
Logique, dans ce contexte, que Juramonts monte au créneau. Cette union de coopératives (dix-sept fruitières pour 7600 t de comté) est le principal actionnaire de Terroirs de Franche-Comté et Savoies (TFCS), holding financière créée par des acteurs régionaux pour rentrer au capital de son affineur unique Monts et Terroirs. Elle en détient 35 % des parts. Lors de son assemblée générale, Juramonts a mis les pieds dans le plat, fustigeant « Radio Fromage » qui dit tout et n’importe quoi sur Monts et Terroirs pour le discréditer.
« Non, le premier affineur de comté n’est pas détenu par un groupe capitalistique sans valeur, dont la finalité unique est de capter la valeur produite par le comté. TFCS n’est pas non plus un élément mineur, et ses actionnaires pas plus des pantins agités lors des conseils d’administration parisiens », a-t-on entendu.
« Notre réalité, c’est un partenariat qui a du sens et une vraie complémentarité », martèle Franck Pourcelot, président de Juramonts et TFCS. Échanger et construire avec Sodiaal dans Monts et Terroirs est pour nous, paysans francs-comtois, plus naturel que de cohabiter avec des entreprises purement capitalistiques. »
Les affineurs privés apprécieront.
Jean-Michel Vocoret
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