Désespérés par un prix du lait toujours au plancher (240 € en février) et par la perte de confiance dans leur Sica Lait’Sprit d’Éthique, six éleveurs bretons ont jeté l’éponge (voir L’Éleveur laitier n° 268, mars 2018, p. 14). Le 15 avril, ils ont quitté la Sica sans préavis et depuis, leur lait part dans le caniveau.
« Nous cherchons d’autres laiteries depuis des mois sans succès, explique l’un d’eux, Éric Le Garff. Nous avons rompu notre engagement avec l’espoir que ce geste fort ferait bouger les lignes. »
La préfecture convoque les laiteries
La préfecture a convoqué les laiteries du secteur le 23 avril pour leur demander de les reprendre. Rien n’a bougé. Lactalis refuse et les autres ne veulent pas y aller sans le lavallois. Une position pathétique qui montre aussi que l’État ne peut pas contraindre les industriels. Une ultime démarche est en cours auprès du médiateur des relations contractuelles, qui n’est pas vraiment concerné par ce dossier. La FDSEA du Morbihan se débat pour trouver une issue.
L’enjeu est énorme pour ceux qui ont décidé de partir, mais aussi pour leurs anciens collègues. Si aucune solution n’est trouvée, ils resteront pieds et poings liés avec la Sica. À l’inverse, la reprise des six éleveurs pourrait précipiter la chute de Lait’Sprit d’Éthique. Ces éleveurs ont pris des risques, ils ont cru que la pression des politiques ferait plier les laiteries, et ils vont peut-être tout perdre. Ils paient aussi le fait qu’en France, la liberté de changer de laiterie n’existe pas.
Pascale Le Cann
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