La France accuse un retard de collecte. Ce n’est pas le cas des Maîtres laitiers du Cotentin. La coopérative manchoise voit son approvisionnement progresser de 5 % depuis avril. Elle prévoit un accroissement des livraisons de ses 800 adhérents d’au moins 10 à 12 Ml cette année. Elle l’espère même. Son usine flambant neuve a expédié, fin juin, les deux premiers containers de briquettes de 20 cl de lait UHT infantile à son client Synutra. L’an prochain, elle tournera à plein pour expédier 690 millions de briquettes, soit 90 Ml. « Pour faire face à ce nouveau marché, le 1er avril, la référence des coopérateurs a été augmentée de 20 % », indique-t-elle. Ce volume supplémentaire est payé au prix A, tout comme la rallonge de campagne de 10 % chaque année. Vingt-trois producteurs réfléchissent à aller au-delà. « Les producteurs sont maîtres chez eux. À chacun de décider de produire plus ou pas. »
Anticipation
Ce projet de 116 M€ répond au souhait des adhérents de produire plus. Anticipant ce bouleversement, la coop gère depuis deux à trois ans 40 à 50 Ml d’excédents. « 20 à 30 Ml sont partis l’an passé en poudre de lait à moindre valorisation. »
Parallèlement, MLC a investi fin 2015 dans une seconde ligne de production de lait UHT, demandant à France Frais, sa filiale de distribution en RHD, de l’écouler. Ce qu’elle a fait : 51 Ml en 2016-2017 (+ 6 Ml).
Transfert du lait UHT dans le Sud pour libérer des volumes
La coopérative jongle aujourd’hui entre ses besoins en lait pour assurer l’ensemble des fabrications, la montée en volume sur plusieurs campagnes des producteurs… et la poursuite de l’activité lait UHT, initialement conçue comme un outil d’excédents. Elle vient de transférer la ligne de lait UHT à sa filiale du Sud-Ouest, Yéo, acquise début 2017, comptant sur l’ancien propriétaire Sodiaal pour l’approvisionner. Sont ainsi libérés de sa collecte manchoise 30 Ml.
L’autre défi de MLC est de protéger ses membres de la volatilité des marchés. En 2016-2017, elle a complété les 290,43 €/1000 l de prix de base de 15,27 € d’aide conjoncturelle grâce aux 10,6 M€ de dividendes versés par France Frais. Le contrat de onze ans avec Synutra intègre également cet objectif avec « un prix du lait défini sur les prix nationaux et encadré par un tunnel de 20 €/1 000 l. »
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