« Cela devient insupportable de s’entendre dire sans arrêt qu’il faut être plus performant dans nos élevages pour résister à la crise. Il n’y a vraiment que cela comme solution ? » Le congrès de la FNPL à Langres a été l’occasion d’entendre le désarroi des éleveurs après deux ans de prix bas. Et le retour à la normale n’est pas encore arrivé, comme le déplore Luc Mangelinck, de CER Bretagne : « Début 2017, les trésoreries continuent de se dégrader ».
Le sociologue François Purseigle résume ce malaise : « Le plus difficile aujourd’hui pour un éleveur laitier, c’est le sentiment de ne plus vivre une crise, mais un état permanent de marasme économique. Même les meilleurs techniquement ne se sentent plus à l’abri ». Un sentiment aggravé par ce constat : « Quand ça va mal sur les marchés laitiers, nous éleveurs, sommes les seuls dans la filière à payer les pots cassés. Il est temps de trouver des solutions car il y a non-assistance à personne en danger ». Le constat est aussi que les outils de gestion du risque de la Pac ne fonctionnent pas. Et l’hypothétique marché à terme sur les produits laitiers n’est pas accessible aux éleveurs. Alors, on regarde avec envie les quelques contrats tripartites qui ne font pas école. Ou les contrats à prix fixe proposés par les coopératives irlandaises. Les transformateurs français sont apparus bien muets dans ce débat. Il n’y aurait donc pour cette filière que les consommateurs à vouloir que les producteurs vivent décemment de leur métier ?
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