Voilà dix ans que trente éleveurs normands travaillent à la reconnaissance du boeuf de race normande en appellation d'origine protégée. Le boeuf normand est connu depuis plusieurs siècles pour valoriser les prairies naturelles de la région. « Sa viande est persillée, ce qui lui donne un caractère fondant. Cette qualité s'ajoute aux qualités laitières de la race normande. Nous voulons l'afficher », confie Benoît Leroy, éleveur à Céaucé (Orne). D'ailleurs, la démarche est menée en partenariat avec les producteurs de lait AOC bas-normands. Comme ses collègues, Benoît défend la contribution environnementale du boeuf normand. « Dans les vallées du bocage normand, le maintien des prairies naturelles le long des rivières préserve la qualité de l'eau. » Leur projet est déjà bien avancé.
Ils ont trouvé un nom à l'AOP : « Boeuf de Normandie », et ont défini un cahier des charges de production (au moins six mois de pâturage dans l'année, finition à l'herbe…).
Déposer la demande fin 2012
De même, ils ont délimité l'aire de rayonnement (la Normandie et le nord de la Mayenne, sans les plaines de Caen et d'Argentan) et ont créé mi-2011 un organisme de défense et de gestion (ODG) avec la société Adema. Cette dernière commercialise la viande AOC Maine-Anjou et, depuis un an, quatre ou cinq boeufs normands par semaine. « Pour aboutir, notre projet doit reposer sur une filière solide. » Autres ambitions : établir le lien au terroir via la flore des prairies et mieux caractériser la viande. Objectif : déposer la demande de reconnaissance en AOC fin 2012.
CLAIRE HUE
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