J
e suis passé en hereford, depuis août, pour les croisements que je pratique sur une partie de mes laitières : les moins intéressantes génétiquement, les rattrapages d'IA..., explique Franck Neveux, installé à Cheveuges (Ardennes). Je produis 60 à 70 boeufs par an, d'environ 28 mois, pour valoriser mes 140 ha de prairies permanentes, car mes 100 holsteins et brunes en traite robotisée sont en zéro pâturage. »
Lui qui utilisait jusque-là du blanc bleu et du limousin, a choisi du hereford dans le cadre de la nouvelle démarche de filière « Herbopack », proposée par sa coopérative EMC2 Élevage, en partenariat avec Charal. Pour cette marque, le hereford en croisement sur laitières, qu'elle a testé pendant dix ans dans l'Ouest, correspond bien à la demande des consommateurs : de petites portions d'une viande rouge et jeune. Les adhérents d'EMC2 sont les premiers à se voir proposer d'élever des croisés hereford à l'herbe. « La perspective de valoriser les boeufs comme les génisses, dès deux ans, et à un prix défini m'a motivé », pointe Franck Neveux.
« Les quinze premières IA ont réussi du premier coup »
Ses futurs animaux, à vendre à 25 mois en moyenne pour des carcasses de 300 kg, seront payés sur la base de la grille des boeufs laitiers, avec une plus-value de 0,30 €/kg. « Cette race précoce devrait me permettre de gagner en temps et en coûts de finition, et d'avoir des veaux moins fragiles. Les quinze premières inséminations (sur trente doses en tout) ont réussi du premier coup et plusieurs gestations sont confirmées. »
CATHERINE REGNARD
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