En France ou ailleurs, que désirent les producteurs livrant leur lait à une laiterie privée ? Instaurer un dialogue sur des bases transparentes pour fixer le prix et définir les volumes. C'est du moins ce que l'on retient de la rencontre avec Andrzej Kowalewski, éleveur laitier à Wyszki, dans l'est de la Pologne. Comme 700 autres, il approvisionne l'usine Lactalis Polser. Basée à Plusze, à 30 km de la frontière biélorusse, elle est spécialisée dans les camemberts adaptés aux marchés polonais et avoisinants. « Lactalis détient 95 % du capital de Lactalis Polser et la coopérative Polser 5 %. Les 350 producteurs qui en sont membres n'en tirent pas d'avantages particuliers », déplore Andrzej Kowalewski qui est membre de la commission de surveillance de la coop - grosso modo l'équivalent du conseil d'administration à la française.
Fronde en 2013
Les reproches portent sur la négociation du prix, pas sur les volumes, puisque le groupe est demandeur de lait pour assurer son développement dans cette partie de l'Europe. « La commission de surveillance rencontre certes régulièrement Lactalis, mais l'industriel nous considère comme un simple groupement de producteurs. Il nous informe du prix de base. Il n'y a pas de négociations. Nous voulons être considérés comme de véritables interlocuteurs. » Pour lui, cela passe par un contrat de production entre la coopérative et Lactalis. « Membres ou pas de Polser, les 700 producteurs ont tous un contrat individuel avec le Français. » Un contrat collectif permettrait d'être plus forts pour obtenir des critères de négociations du prix de base plus précis ou la modification des conditions de dénonciation du contrat. « Si le contrat individuel à durée indéterminée est dénoncé après le 30 septembre, une pénalité de 2,3 ct/l (NDLR : 1 € = 4,2 PLN) est appliquée sur les volumes des douze derniers mois et cette pénalité ne peut pas être inférieure à 1 200 €. » Fin 2013, cette clause a empêché d'aller jusqu'au bout de leur démarche une partie des producteurs qui menaçaient de quitter Lactalis s'il ne s'alignait pas sur le prix du lait plus élevé des coopératives voisines. « Nous avons obtenu une prime de 35,70 €/1 000 l sur le lait du premier trimestre 2014. »
Lactalis défend un prix du lait régulier
« Les éleveurs sont informés des tendances des marchés, réfute Lactalis. De plus, nous annonçons le prix du lait à l'avance, ce que ne font pas forcément les laiteries voisines. Contrairement à elles, nous ne sommes pas positionnés sur les produits industriels. De ce fait, il est plus difficile de répercuter les envolées du marché. Nous défendons un prix régulier. » Enfin, à la proposition d'un contrat collectif, Lactalis répond par son souci de travailler de façon individuelle avec les éleveurs pour maîtriser la qualité du lait.
CLAIRE HUE AVEC ELISABETH GODZIEMBA
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