A
u 27 septembre, mon maïs est loin de la maturité », raconte Stéphane Bihan, éleveur à La Chapelle-Neuve (Côtes-d'Armor), en Gaec avec trois associés (100 laitières et 100 taurillons). En cause, les attaques de mouches qui ont sévi au printemps. « Je n'avais jamais vu ça, toutes les parcelles étaient touchées ! » En Bretagne, ce sont 100 000 ha de maïs, soit 20 % de la surface, qui ont été attaqués par la mouche géomyze. Toutes les dates de semis sont concernées. Dans les parcelles non traitées aux insecticides, 40 % des pieds étaient touchés selon le Bulletin de santé du végétal.
« La qualité nutritionnelle ne sera pas à la hauteur »
« Le Gaec produit 60 ha de maïs fourrage, dont 35 ha pour les laitières. » En fonction du risque, il choisit des semences de maïs protégées contre le taupin et les mouches, mais « les doses traitées coûtent 110 €, contre 65 €. Cette année, avec la conjoncture, [il] en [a] moins implanté ». Toutes les autres parcelles ont été attaquées par la mouche. 30 ha ont été ressemés entre le 30 mai et la mi-juin. Les éleveurs ont pratiqué un travail superficiel pour détruire le maïs avant le resemis. Le coût s'élève à 300 €/ha. Sur 15 ha, ils ont réalisé un sursemis. Il reste 10 ha sur lesquels les dégâts ont été constatés vers le 20 juin. Trop tard pour réagir.
Le deuxième semis a été réalisé avec des variétés précoces : un indice à 210 contre 240 habituellement. Si la chaleur est venue en août, le maïs est encore bien vert fin septembre. « On n'ensilera pas avant fin octobre », estime-t-il. Il table sur une perte de rendement de 3 à 4 t de MS/ha. Et la qualité nutritionnelle ne sera pas à la hauteur. « Mais nous avons des stocks. » Le Gaec dispose aussi d'une quantité d'ensilage d'herbe, qui couvre un tiers de la ration hivernale des laitières. Il devrait donc pouvoir nourrir ses animaux. Mais il devra implanter 10 % de maïs en plus l'an prochain pour reconstituer les réserves. Un surcoût dont il se serait bien passé.
PASCALE LE CANN
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