Les trois associés de l'EARL des 3 Côtes, située à Kirviller (Moselle), sont en colère. Depuis quelques années, ils doivent faire face à une recrudescence de sangliers qui ravagent les cultures autour du siège de leur exploitation. « La situation est telle que nous sommes obligés de trouver des solutions. Sinon, nous sommes confrontés à des problèmes de stocks pour nourrir nos animaux », explique Ludovic Estreich, l'un des associés. Depuis 2005, ils ont expatrié la quasi-totalité de leurs surfaces en maïs à une quinzaine de kilomètres de l'exploitation, une zone où les dégâts sont moins importants. Du coup, les frais pour transporter l'ensilage se sont envolés. « La récolte s'effectue en entraide avec des voisins. Nous avons besoin d'une douzaine de remorques pour réaliser le chantier, contre cinq auparavant. En contrepartie, nous allons chez une dizaine de voisins et la période d'ensilage dure quinze jours. » Faute de nourriture suffisante, l'exploitation a dû arrêter une grande partie de l'engraissement de taurillons : 150 jeunes bovins étaient vendus chaque année, contre une trentaine aujourd'hui. « Nous avons tenté de les nourrir avec une ration sèche, mais cela n'était pas rentable. Certaines années, face à nos problèmes de stock, nous devions faire appel à des collègues pour qu'ils nous livrent du foin, ou acheter du maïs sur pied quand cela était possible. » Les associés sont en conflit avec la société de chasse qui intervient sur leurs terres. Ils estiment qu'elle n'abat pas suffisamment de gibiers pour protéger leurs cultures. Les associés se sont donc constitués leur propre réserve de chasse. Pour cela, ils ont acheté 5 ha autour des bâtiments pour être propriétaires d'une surface d'un seul tenant de 25 ha, seuil minimum pour créer une réserve de chasse. « La facture a été salée puisque cet achat nous a coûté 15 000 _. Aujourd'hui, nous louons cette réserve à des chasseurs indépendants. Ils abattent une dizaine de sangliers chaque année et les dégâts ont presque disparu. »
Pour sa défense, Adrien Flory, président de la société de chasse qui intervient sur la commune, estime que les dégâts sur cette zone ne sont pas plus importants que ceux du département. Il se base sur les chiffres de la Fédération départementale des chasseurs. Selon elle, les surfaces détruites à Kirviller, en 2008, portent sur 2,33 ha contre environ 2 ha sur l'ensemble des communes de la Moselle. Par ailleurs, il ajoute qu'il verse 12 % du loyer de la chasse à un fonds d'indemnisation des agriculteurs. En cas de contestation sur l'estimation des dégâts, ceux-ci peuvent faire appel à une contre-expertise.
NICOLAS LOUIS
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