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Changement climatiqueAdapter les rations pour réduire les rejets de méthane

Les régimes riches en amidon et/ou en lipides diminuent les émissions de méthane par kilo de lait ou de matière sèche ingérée. (©Terre-net Média)
Les régimes riches en amidon et/ou en lipides diminuent les émissions de méthane par kilo de lait ou de matière sèche ingérée. (©Terre-net Média)

Le méthane (CH4) est l’un des gaz à effet de serre. En élevage, il est produit lors de la digestion des ruminants. L’adaptation des rations est une des pistes explorées pour réduire ces rejets de méthane.

Le méthane, issu des fermentations entériques lors de la digestion des bovins, représente à lui-seul la moitié des gaz à effet de serre émis par les élevages laitiers. Pour contenir le réchauffement climatique, les filières d’élevage se sont engagées à réduire leurs émissions de méthane. Encore faut-il y arriver sans pénaliser les performances technico-économiques.

Comme le méthane est un sous-produit des fermentations digestives, la voie alimentaire est l’une des pistes explorées pour y arriver.

Des essais ont été conduits à la ferme expérimentale des Trinottières (49) sur 3 lots de 15 vaches, suivies depuis le vêlage jusqu’à leur 26e semaine de lactation.

Le premier lot a reçu la ration habituelle des Trinottières. C’est une ration typique de l’ouest de la France, avec 67 % d’ensilage de maïs et 25 % de tourteaux de colza, pour une teneur totale en amidon de 25,2 % et en NDF de 40,6 %.

Le deuxième lot a reçu une ration moins méthanogène. Nommée ration CH4-, elle est bien pourvue en amidon (23,8 %) et riche en lipides (4,8 %), notamment par l’ajout de graines de lin, en plus des 63 % d’ensilage de maïs et 16 % de tourteaux de colza.

La troisième ration, identifiée comme CH4+ car plus méthanogène, comprend très peu d’amidon (1,1 %). C’est une ration plus fibreuse (NDF à 41,9 %) avec 61 % d’ensilage d’herbe, 13 % de tourteaux de colza et 19 % de pulpe de betterave. Cette ration a été moins ingérée (- 6kg de MS ingérée par jour) et a permis de produire moins de lait (- 6,5 kg de lait produit par jour).

L’efficacité de la ration fait la différence

Le suivi des rejets de gaz n’a pas montré de différence notable d’émissions de méthane par vache et par jour entre les trois lots. Pour autant, si on rapporte les émissions de méthane à la production laitière, les trois rations ne donnent pas les mêmes résultats.

« Nos essais ont montré une baisse de 13 % du méthane émis par kilo de lait entre les vaches nourries avec la ration CH4- (9,8 g/kg lait) et celles qui ont reçu la ration CH4+ (11,3 g/kg lait) », chiffre Julien Jurquet, responsable de projets alimentation à l'idele.

Si on se réfère à la matière sèche ingérée, la réduction des émissions est de 24 %. Les vaches ayant reçu la ration habituelle des Trinottières ont émis 13,7 g de CH4 par kilo de matière sèche ingérée, celles avec la ration CH4- 14,2 g ; alors que celles ayant ingéré la ration CH4+ ont émis 18,4g CH4/kg MSI. Ces différences entre rations s’accentuent au fil de la lactation.

Ces essais confirment que le régime alimentaire a un effet durable sur les émissions de méthane entérique. Les régimes riches en amidon et/ou en lipides diminuent les émissions de méthane par kilo de lait ou par kilo de matière sèche ingérée. Alors que les rations riches en fibres et pauvres en amidon émettent plus de méthane.

Pour réduire les émissions rapportées au kilo de lait, il faut travailler sur la valorisation, pour maximiser le lait produit par kilo ingéré. Une ration « classique » à base d’ensilage de maïs permet d’atteindre un faible niveau d’émission de méthane, sans surcoût, à condition qu’elle soit bien valorisée.

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