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Reportage SCEA Prévost (62)La betterave fourragère bien adaptée aux rations à haute production

20 ans qu'il cultive de le betterave fourragère et il n'est pas prêt d'arrêter. François Prévost, éleveur du Pas-de-Calais, et Xavier Sys, son conseiller d'élevage, nous présentent cette culture aux multiples atouts dans l'alimentation d'un troupeau à forte production.

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« Je suis installé depuis 22 ans et j'ai toujours cultivé la betterave fourragère. » Dans le Pas-de-Calais, François Prévost en implante chaque année 2,5 ha pour l'intégrer à la ration de ses 70 vaches laitières et 25 mères allaitantes. « Ses principaux intérêts sont : sa richesse en UF, son incidence sur les taux et son appétence. »

De la betterave sucrière et fourragère

La betterave fourragère s'adosse aux 10 ha de betterave sucrière cultivés sur l'exploitation. « On suit le même itinéraire. Néanmoins, je trouve qu'on la sème encore trop tôt car j'ai beaucoup de betteraves montées », estime l'éleveur. En termes de rendement, il tourne entre 100 et 120 t brut/ha, ce qui lui permet de l'intégrer aux rations de septembre à fin mars.

« Pour la récolte, on a la chance d'avoir l'entrepreneur dans le village voisin. On démarre alors début septembre avec des petites quantités : on récolte une benne tous les 15 jours. Cela nous permet de l'intégrer au plus tôt dans les rations sans avoir de problèmes de conservation. Puis début novembre, lorsqu'il fait moins chaud, on récolte le tout qu'on conserve jusque début mars. » Le tas de betteraves est installé dans la cour de la ferme avec des ballots et une bâche pour le gel.

« Pour les vaches laitières, je distribue entre 7 et 10 kg de betteraves par jour. Je les mets en premier dans la mélangeuse avec la paille. Puis je complète avec l'herbe et le reste des aliments. » Pour éviter de mélanger de la terre, François n'hésite pas à charger le godet à la main pour la ration des laitières.

Les génisses en ont également dès 7-8 mois d'âge mais beaucoup plus tranchées, et avec de la paille et de l'enrubannage d'herbe. Pour les vaches allaitantes (en Label Rouge et sur un autre site), la betterave est mélangée à de la paille, de l'enrubannage et du tourteau de colza non OGM. « La betterave est un super aliment mais très laxatif, ce qui nous oblige à mettre beaucoup de paille dans la ration des génisses et des vaches allaitantes. Du coup, c'est la paille qui pourrait devenir notre facteur limitant, comme partout maintenant », complète-t-il.

La betterave : un concentré d'UF dans la ration

Xavier Sys est conseiller d'élevage pour Oxygen conseil élevage (Union Seenorest). Il accompagne François Prévost dans la gestion du troupeau et commente : « La betterave fourragère est un aliment très énergétique et peu encombrant, ce qui permet de réduire la quantité de concentré énergétique au niveau du Dac pour les vaches laitières. Pour les génisses et les allaitantes, ça nous permet d'apporter de l'énergie sans utiliser de surface en maïs. »

« Sur une exploitation comme celle-ci, qui recherche un niveau laitier assez élevé (10 500 kg de lait en moyenne sur l'année), la betterave a toute sa place et permet en plus de maintenir des taux de matière grasse à plus de 40 g/kg tout l'hiver. » Xavier Sys estime qu'elle permet de gagner jusqu'à 2 points de TB par rapport à une ration sans betterave.

Il aborde aussi l'aspect économique : « On l'estime à 20 €/t brut. Avec 1,15 UF, par rapport à un maïs à 0,95 UF, c'est tout à fait concurrentiel économiquement parlant. » Le conseiller avertit tout de même les éleveurs sur l'arrachage et la conservation : « C'est plus délicat qu'une betterave sucrière à l'arrachage, donc l'entrepreneur doit être précautionneux. Et pour la conservation, il faudra se méfier des échauffements dans le silo. » Et l'éleveur peut en témoigner car, malgré l'attention particulière qu'il lui porte, il en a jeté 3 bennes l'an dernier en fin de saison à cause du pourrissement.

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