Rarement on a vu une telle unanimité entre la Confédération paysanne, la FNSEA, les organisations bio et les chambres d’agriculture. Tous ont multiplié les communiqués et les actions pour presser l’État de trouver des financements à la hauteur pour les Maec (mesures agroenvironnementales et climatiques). Il manquerait 300 M€ pour boucler le budget.
« Les Maec ont fait la preuve de leur efficacité. C’est un outil qui coche toutes les cases de la planification écologique », explique Jean-Marc Thomas à la Confédération paysanne des Côtes-d’Armor. Rien qu’en Bretagne, 4 500 dossiers ont été déposés en mai et les agriculteurs concernés ont déjà engagé les modifications nécessaires pour respecter le cahier des charges. Mais à fin octobre, l’instruction des dossiers n’a pas démarré. Les 90 M€ alloués à cette région ne peuvent suffire à répondre à toutes les demandes. Il en faudrait 60 de plus.
La Confédération paysanne dénonce un manque d’anticipation de l’État. Le budget dédié aux Maec a été reconduit sur la période 2023-2027 alors qu’il était clair que les besoins seraient en hausse. De plus, l’État a repris ce dossier aux Régions qui auparavant, contribuaient au cofinancement. Ainsi, la Bretagne a apporté 22 M€ sur le programme précédent, il est probable qu’elle en donne moins désormais puisqu’elle a d’autres dossiers en main (installation notamment).
Des budgets dédiés à la transition pour 2024
La réponse de l’État se fait attendre. «Le ministre semblait découvrir ce sujet lorsque nous lui en avons parlé au Space», s’étonne Laurent Kerlir, président de la Chambre d’agriculture du Morbihan. Depuis, il a visité un élevage morbihannais et il connaît les enjeux.
Les pistes existent notamment à travers le PLF 2024 (projet de loi de finances) qui a inscrit l’accélération de la transition écologique dans ses objectifs. Plus d’1 Md€ sont alloués à cette transition. Les Maec pourraient faire partie des bénéficiaires. Les députés vont être sollicités afin qu’ils poussent à un fléchage d’une partie de ces financements vers les Maec. Il serait dommage de freiner l’adhésion des agriculteurs au moment où la décarbonation doit s’accélérer.
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