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Ils font l'agriculture européenneCarina, éleveuse : « En Autriche, le risque de surproduction en bio est réel »

Comme 26 % des fermes autrichiennes, contre 12 % en France, l'élevage bovin allaitant de Carina est en agriculture biologique. Car c'est en Autriche, premier pays européen engagé dans ce label, que notre tour de l'agriculture européenne fait étape cette fois-ci. Mais comme chez nous, le spectre de « la surproduction » plane et « pourrait tirer les prix vers le bas ».


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Dans les Alpes autrichiennes, le climat rigoureux donne une force de caractère particulière aux agriculteurs et agricultrices ! Carina, 32 ans, ne fait pas exception : double active comme 70 % des exploitant(e)s en Autriche à cause de revenus insuffisants, elle élève avec son frère et ses parents 42 vaches allaitantes Pinzgauer, une race rustique locale que beaucoup ont abandonnée, fait de la transformation, de la vente directe, de l'agritourisme, de la prestation de services telle que le déneigement en hiver. « Pratiquer l'agriculture de montagne est difficile, mais c'est tellement beau et valorisant », reconnaît-elle. 

En plus, ils se sont lancés dans l'agriculture biologique : l'élevage est labellisé depuis 2000, comme 60 % des fermes de la région et près de 26 % au niveau national (23 % de la production du pays est en bio, ce qui le place au premier rang en Europe). Toutefois, « la notion économique d'offre et de demande est très sensible, insiste la jeune femme. Si le marché ne suit pas, le risque de surproduction est réel pour bien des produits agricoles. Cela tirerait forcément les prix vers le bas. Les dépôts de bilan pourraient être nombreux si les consommateurs ne jouent pas le jeu. » Comme en France pour le lait bio où l'offre, supérieure à la demande, pourrait faire chuter les prix.

Précisons enfin, quelques jours après la journée internationale qui leur est dédiée : Carina défend au quotidien les droits des femmes, suivant les traces de sa mère, et en tant qu'élue pour le canton de Salzbourg au parlement autrichien, où elle passe trois jours par semaine. « Être femme et agricultrice, ce n'est pas facile tous les jours dans un monde encore très masculin. Un tiers des agriculteurs autrichiens sont des agricultrices, c'est bien mais on peut faire mieux. » Dans l'UE, environ 30 % des exploitations sont pilotées par des femmes, avec de gros écarts entre États membres (Pays-Bas : 5 % ; Lituanie : 47 %). 

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