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Dans le FinistèreDes habitants manifestent contre l'extension d'une mégaporcherie

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté sans incident samedi à Landunvez (Finistère), à l'appel de plusieurs associations, pour demander à l'Etat de protéger l'eau douce et dénoncer la pollution causée, selon elles, par la présence d'une mégaporcherie de 12 000 cochons.

Vêtus de noir et de bottes, les manifestants - 450 selon la préfecture -, ont participé à « une marche funèbre » lors de laquelle ils ont enterré « l'eau, la justice, la santé » symbolisés par des cercueils. Une avenue de la commune a aussi été renommée en « Avenue des champs des lisiers ».

Quelque 350 agriculteurs, selon la préfecture, avaient aussi fait le déplacement pour soutenir le gérant de la porcherie, Philippe Bizien, qui préside aussi le Comité régional porcin, à l'appel de l'union des groupements des producteurs de viande de Bretagne, rejointe par la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) et les Jeunes Agriculteurs (JA).

La préfecture n'a pas noté de heurts particuliers entre habitants et agriculteurs. 

Avec des slogans dirigés contre l'Etat, la manifestation, organisée par l'association « Avenir et environnement en Pays d'Iroise » (AEPI), affiliée à Eau et Rivières de Bretagne et à France Nature Environnement, entendait dénoncer « la pollution des nappes phréatiques » et « l'absence de gouvernance sur l'eau » causée selon elles par la « mégaporcherie » Avel Vor installée sur la commune.

Cette exploitation a obtenu au printemps un avis favorable d'un commissaire-enquêteur de la préfecture pour passer de 9 000 à 12 000 porcs.

« On a les nappes phréatiques qui sont polluées, même l'exploitant a des problèmes d'eau. On a ici 33 tonnes d'ammoniac retombées sur le sol par an, et jusqu'à 6 t par jour de lisier sur les terres. Au robinet, on ne boit plus l'eau potable, on est obligés de faire venir l'eau d'autres réseaux », a affirmé Eric Lefin, président de l'AEPI.

« On lâche rien. On va lancer une plainte collective pour empoisonnement au gaz ammoniac de notre captage en eau. Car cela fait 20 ans que des actions auraient due être menées pour le protéger. Il faut que la gouvernance de l'eau se réveille », a-t-il ajouté.

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