L'épidémie de peste porcine africaine (PPA), détectée le 9 janvier sur deux sangliers en Belgique, est une maladie hémorragique virale strictement animale, sans danger pour l'homme, mais qui inquiète les éleveurs.
Qu'est-ce que la peste porcine africaine ?
Cette maladie ne touche que les populations porcines, sauvages comme domestiques, chez lesquelles elle entraîne de fortes mortalités. Ce virus est sans danger pour l'homme. Il est très résistant et se transmet d'un animal à un autre mais peut également se disséminer par des mouvements de véhicules, de personnes en provenance de zones infectées ou par l'intermédiaire de denrées alimentaires.
Quelle est son origine ?
La maladie, originaire d'Afrique, est présente depuis près de cinq ans dans plusieurs pays d'Europe de l'Est et s'est progressivement rapprochée des frontières françaises. Selon l'Organisation mondiale de la Santé animale (OIE), la transmission de la PPA semble largement dépendre de la densité des populations de sangliers et de leurs interactions avec des systèmes de productions porcins dont le niveau de biosécurité est faible.
Quel impact pour les éleveurs porcins ?
Le virus peut avoir de fortes répercussions économiques pour les éleveurs porcins. À l'échelle de l'élevage contaminé, l'ensemble des animaux est mis à mort et détruit. Au niveau national, la détection du virus en France lui ferait perdre son statut de pays « indemne de peste porcine africaine ». Cela signifie que les échanges vers les autres États membres ou les exportations vers un pays tiers, non seulement des porcs vivants mais aussi des denrées à base de viande de porc, seraient limitées depuis les zones non affectées voire totalement interdites. La France exporte 35 % de sa production porcine, principalement en Europe, mais aussi vers l'Asie (Chine). La fermeture des frontières engendrerait une crise économique majeure pour la filière. De nombreux élevages et entreprises pourraient faire faillite.
Comment lutter contre la peste porcine africaine ?
En raison de l'absence de vaccin ou de traitement contre cette maladie virale, la prévention est essentielle pour limiter sa propagation. Dans les pays indemnes, il faut surveiller les importations pour garantir l'absence d'introduction de porcs infectés (domestiques ou sauvages) ou de produits qui en sont issus dans les zones indemnes. La prévention passe également par l'élimination correcte des déchets alimentaires recueillis dans les avions, les bateaux ou les véhicules provenant de pays infectés et la maîtrise de l'importation illégale de porcs vivants ou de produits qui en sont issus en provenance de ces mêmes pays.
Pour juguler la maladie dans les pays ayant détecté un ou plusieurs foyers sur leur territoire, les mesures vont du zonage, de la compartimentation et du contrôle des déplacements, à l'abattage des animaux avec une élimination correcte des carcasses et des autres déchets, suivi du nettoyage et de la désinfection approfondis des installations. La bonne connaissance et la bonne gestion des populations de sangliers, ainsi que la bonne coordination entre les services vétérinaires, le secteur de la faune sauvage et les autorités forestières sont indispensables pour prévenir et contrôler efficacement la maladie, assure l'OIE.
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