Quelque 500 personnes ont assisté dans une salle municipale à cette « conférence bretonne sur la filière porcine » au cours de laquelle a été présenté un plan pour la sauvegarde des emplois.
« On veut simplement que pour monter nos dossiers d'élevage on ait les mêmes règles que tout producteur en Europe ; aujourd'hui on a des contraintes qui sont bien supérieures », a expliqué Michel Bloc'h, président de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB). « Pour des élevages cinq fois plus petits qu'un collègue européen, on nous demande des études qui vont de 30, 40, 50.000 euros », a-t-il assuré. « Ça en fait hésiter beaucoup ; car, même avec ces études, on n'est pas sûrs d'avoir le blanc-seing de l'administration ». « On ne demande pas de subventions, mais la fin du carcan administratif », a-t-il lancé.
« Il est totalement anormal que le temps des papiers se revèle plus long que le temps des chantiers », a insisté Georges Tigreat, président de la communauté de communes du Pays de Landivisiau, à l'origine de l'initiative.
Philippe Bizien, président du Comité régional porcin de Bretagne (CRP), organisation professionnelle représentative de l'amont en production porcine, a réitéré la demande des producteurs d'une « simplification administrative ». « Depuis 15 ans, l'élevage n'a pas pu se restructurer à cause de ça », a-t-il dit.
Visite de Stéphane Le Foll vendredi
Jean-Marc Puchois, maire de Lampaul Guimilliau, petite localité voisine, a évoqué « l'angoisse » de ses administrés après l'annonce, début avril, du placement en redressement judiciaire de l'abattoir Gad SAS, employant 1.700 salariés et situé sur sa commune. « L'électrochoc est incompréhensible pour toute la population », a-t-il regretté.
L'appel « des territoires bretons » sera remis vendredi au ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, lors de sa visite d'une exploitation laitière et porcine dans le département.
Stéphane Le Foll avait réuni lundi les acteurs de la filière, afin de « fixer une stratégie » pour son redressement économique. Celle-ci passerait par un assouplissement des démarches administratives. Mais, selon Philippe Bizien, les politiques doivent « arrêter de parler et passer aux actes ».
La filière porcine doit faire face à une réduction de sa production : le cheptel a perdu 2 millions de têtes depuis 2010, passant de 25 millions à 23 aujourd'hui.
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