 Le cheptel a perdu 2 millions de têtes depuis 2010, passant de 25 millions de porcs à 23 millions aujourd'hui. (© Terre-net Média) |
« Ça prendra un peu de temps » mais les sujets mis sur la table ont été « acceptés par tous », a expliqué Stéphane Le Foll, à quelques journalistes à la sortie de cette réunion.
La filière doit faire face à un effondrement de sa production : le cheptel a perdu 2 millions de têtes depuis 2010, passant de 25 millions de porcs à 23 millions aujourd'hui, a-t-il remarqué. Un mouvement qui s'accélère puisque de 2000 à 2010, la France avait perdu « seulement » un million de porcs.
« L'objectif est de revenir au niveau de 2010 », se fixe le ministre qui compte y parvenir via le plan du gouvernement encourageant à la construction d'installations de méthanisation dans les porcheries ou avec la multiplication du logo Vpf (viande porcine française).
Stéphane Le Foll envisage également d'assouplir les démarches administratives à effectuer pour ouvrir ou agrandir une porcherie, en recourrant à l'enregistrement pour les élevages compris entre 450 et 2.000 porcs. Aujourd'hui, toute ouverture ou extension au-dessus de 450 animaux nécessite une autorisation et une enquête administrative afin de vérifier l'impact environnemental de l'installation.
La chute de la production crée par ailleurs une situation de surcapacité des abattoirs, dont certain comme le breton Gad Sas, sont en grandes difficultés économiques. Il faut « éviter les fermetures brutales » et « moderniser l'appareil de production », en mobilisant la banque publique d'investissement (BPI) notamment, a détaillé Stéphane Le Foll.
Répercuter les hausses de charges
Enfin, dernier gros dossier, comme pour toutes les filières d'élevage : réussir à répercuter les hausses soudaines de prix des matières premières qui font flamber le prix de l'alimentation animale. « On a eu un consensus autour de la table », même avec la grande distribution, a rapporté le ministre.
L'annonce sur les installations classées est « très positive » pour les éleveurs car « elle permettra de traiter les dossiers plus facilement », a expliqué à l'Afp Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (Fnp).
« On attendait un discours plus musclé » car « tous les signaux sont au rouge pour nous », a réagi de son côté le Sniv-Sncp, syndicat regroupant les entreprises de viande dont les abattoirs. « Nous attendions notamment que le ministre se prononce sur la distorsion de concurrence en Europe et la nécessité d'un salaire minimum en Allemagne », a expliqué Pierre Halliez, directeur général du syndicat, les abattoirs subissant de plein fouet la concurrence allemande qui a des coûts de main d'œuvre moindres.
Après une table-ronde sur le lait lundi dernier, une autre réunissant la filière volailles aura lieu jeudi. Dans le cas du porc, la médiation du gouvernement s'avère d'autant plus nécessaire que la filière n'est pas organisée autour d'une seule interprofession, explique Stéphane Le Foll.
Vendredi, à l'appel de la Fnsea (principal syndicat agricole), plus de 15.000 éleveurs ont manifesté pour obtenir des mesures d'urgence face à la hausse de leurs charges et au blocage des négociations avec la grande distribution.
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